Déconfinement : Quels seront les « motifs impérieux » pour se déplacer à plus de 100km de son domicile ?

DEPLACEMENT Pour se déplacer à plus de 100 kilomètres de son domicile, à compter du 11 mai, il faudra justifier d’un « motif impérieux », ont confirmé ce jeudi Edouard Philippe et Christophe Castaner. Un terme encore un peu flou

Romarik Le Dourneuf

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Des contrôles seront effectués sur les autoroutes et routes à grande circulation
Des contrôles seront effectués sur les autoroutes et routes à grande circulation — SYSPEO

A partir du 11 mai, premier jour de déconfinement, il sera possible de sortir librement dans les rues. C’est ce qu’a confirmé ce jeudi le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Cette liberté de circulation sera toutefois limitée : les déplacements devront se faire à l'intérieur de son département de résidence, ou dans un rayon de 100 kilomètres à vol d’oiseau de son lieu de résidence. Seuls les déplacements professionnels et familiaux pour « motifs impérieux » seront autorisés au-delà.

Une attestation professionnelle pourrait suffire

En quoi consisteront ces « motifs impérieux » ? Lors de leur allocution, Edouard Philippe et Christophe Castaner ont donné quelques pistes. Dans le cas des motifs professionnels, le ministre de l’Intérieur a cité les « seuls métiers qui exigent la mobilité », avant de donner l’exemple des chauffeurs routiers.

Le Premier ministre a, lui, pris l’exemple d’un avocat qui devrait aller plaider à plus de 100 km de son lieu de résidence. Interrogée sur le cas des représentants et commerciaux qui souhaiteraient rencontrer un client, la Police nationale nous a répondu sur son chat, que tous les déplacements peuvent être justifiés « dans l’exercice de l’activité professionnelle », sous condition de présenter une attestation de l’employeur.

Le flou sur les raisons familiales

En ce qui concerne les motifs familiaux « impérieux », le même flou règne à la suite des déclarations du Premier ministre. Christophe Castaner a précisé qu’il pouvait s’agir « d’un deuil ou de l’aide à une personne vulnérable ». Le 29 avril, sur CNews, Sibeth Ndiaye était un peu plus vague à ce sujet : « Si on doit s’occuper d’un proche qui est fragile, aider quelqu’un de sa famille », avait expliqué la porte-parole du gouvernement.

Il ne devrait donc pas être possible de voyager très loin pour d’autres motifs familiaux. Edouard Philippe a ajouté ce jeudi que « faire plus de 100 km pour amener les enfants chez les grands-parents ne pourra pas être admis ». La Police nationale, de son côté, indique qu’un « motif de santé est nécessaire ».

En ce qui concerne ceux qui ont quitté leur domicile pour se confiner, et notamment les Franciliens, ils devraient pouvoir rentrer chez eux sans encombres. « Quand ils sont partis, ils avaient le droit de partir (…) Ils ont la possibilité de rentrer à leur domicile principal pour reprendre une activité professionnelle ou pour scolariser les enfants », a indiqué ce dimanche Christophe Castaner sur la chaîne LCI. Sous condition toutefois d’avoir « rempli une attestation de retour à son domicile, motif familial impérieux ». Pas sûr toutefois que la consigne soit bien passée : interrogée ce jeudi sur son chat, la Police nationale a expliqué à 20 Minutes que le retour au domicile après un confinement au vert « ne fait pas l’objet de dérogations ».

Une tolérance des forces de l’ordre

A partir de ce lundi, « des contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d’autoroutes et de routes à grande circulation », pour vérifier le respect de ces nouvelles règles de déplacement, a précisé ce jeudi le ministre de l’Intérieur. Toute personne contrôlée devra donc être munie de la nouvelle attestation (remplie) qui sera accessible via le site Internet du ministère de l’Intérieur en format papier ou numérique.

« Là encore, nous comptons sur le civisme et la responsabilité des Français mais les contrevenants seront sanctionnés : le montant de l’amende ne change pas, 135 euros susceptibles d’augmenter en cas de récidive », a prévenu ce jeudi Christophe Castaner. Toutefois, selon nos confrères du Parisien, Matignon a précisé que « les forces de l’ordre, qui recevront les instructions de leur hiérarchie, jugeront avec la rigueur et l’humanité nécessaires ».