Coronavirus à Rennes : Des syndicats critiquent la tenue d’examens télésurveillés à l’université Rennes 1

EDUCATION Les examens se dérouleront en ligne au sein de l’université rennaise mais les syndicats dénoncent la méthode

C.A. avec AFP
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Illustration du campus de Beaulieu, de l'université Rennes 1.
Illustration du campus de Beaulieu, de l'université Rennes 1. — C. Allain / 20 minutes

Ils ne concernent qu’une centaine d’étudiants de master. Mais les examens en ligne faisant l’objet d’une télésurveillance ne passent pas auprès de plusieurs syndicats étudiants de l'université Rennes 1​. Dans un communiqué, quatre d’entre eux dénoncent « un dispositif intrusif ». La direction de  l'université se défend et évoque « une modalité marginale d’évaluation ». Cinq épreuves, notamment en droit, seraient concernées par cette surveillance en ligne censée éviter la triche. Depuis cette prise de position, la Fédération des associations de Haute Bretagne, regroupant notamment la Fage, première organisation étudiante, a pris position.


Pour les syndicats étudiants (Solidaires, Union Pirate, Beaulieu Ecologiste et la FSE), cette modalité liée à l'épidémie de coronavirus qui oblige la fac  à faire des examens en ligne est une « intrusion dans la vie privée des étudiants ». Pour ces épreuves, l’université utilisera un système de surveillance par la caméra de vidéosurveillance. Des captures d’écran régulières sont ainsi réalisées pour s’assurer que l’étudiant ne se fait pas aider par un tiers ou ne se plonge pas dans des livres. « En voulant à tout prix préserver une valeur du diplôme, la présidence s’est engouffrée dans des pratiques pédagogiques non seulement critiquables mais néfastes », indiquent les syndicats dans un communiqué.

« Expérimenter sur un petit panel d’étudiants »

La direction de l’université s’est également exprimée évoquant la volonté « d’expérimenter sur un petit panel d’étudiants, après consentement des étudiants, la télésurveillance des examens comme un des outils pouvant jouer un rôle dans la sécurisation des examens en ligne ». L’université Rennes espère ainsi garantir « une meilleure équité de conditions pour composer et limiter les tentatives de fraude ».

Les syndicats étudiants réclament une annulation des examens en ligne et une « neutralisation » du second semestre, faisant état d’une « détresse psychologique accentuée par le confinement chez les étudiants ». L’université rappelle de son côté qu’elle a « acheté et livré à domicile 150 ordinateurs portables pour répondre aux besoins urgents d’étudiants en précarité numérique » et débloqué « une aide forfaitaire de 50 euros aux étudiants disposant d’une connexion Internet limitée ».