Coronavirus : Des élues de gauche dénoncent le « machisme » en période de « coronaviril »

CORONAVIRUS La députée Clémentine Autain regrette que « des hommes envahissent l’espace médiatique et politique » alors que « celles qui sont réellement au front dans cette crise sont très majoritairement des femmes »

20 Minutes avec AFP

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Clémentine Autain à l'Assemblée, le 21 avril 2020.
Clémentine Autain à l'Assemblée, le 21 avril 2020. — Jacques Witt/SIPA

Des élues de gauche ont dénoncé mercredi le « coronaviril, c’est-à-dire la misogynie » qui règne aussi bien « à droite qu’à gauche » selon elles en ces temps de coronavirus, où « les hommes envahissent l’espace médiatique et politique ».

« Depuis le début de la crise sanitaire, on constate que la symbolique de la guerre est omniprésente, que des hommes envahissent l’espace médiatique et politique à l’Assemblée nationale » alors que « celles qui sont réellement au front dans cette crise sont très majoritairement des femmes », a déploré Clémentine Autain, députée LFI, lors d’un meeting en ligne.

L’élue Insoumise a organisé ce meeting, avec sa collègue du PCF Elsa Faucillon, avec pour mot d’ordre « Coronaviril : Ya basta, demain sera féministe ou ne sera pas. » Parmi les intervenantes figuraient également l’économiste Dominique Méda, la porte-parole du PS Gabrielle Siry, l’élue Générations de Beauvais Roxane Lundy, l’aide-soignante et députée LFI Caroline Fiat ou la députée PCF Marie-George Buffet.

« Femmes de l’ombre » et « premières de corvées »

« On en a ras le bol de voir à quel point les femmes sont invisibilisées et leur parole rendue inaudible », a affirmé Elsa Faucillon, en notant un « profond recul » de la situation des femmes depuis le début de la crise du coronavirus.

« La misogynie, le machisme, ce n’est pas qu’à droite, c’est aussi ancré à gauche », a lancé Aurore Lalucq, députée européenne Place Publique, tandis que Claire Monod, coordinatrice nationale de Générations, affirmait que les réunions des responsables de formations politiques autour du Premier ministre étaient des « exercices de connivence masculine ».

Selon la sénatrice EELV Esther Benbassa, « dès qu’une femme prend la parole au Sénat, il y a des bavardages », mais ça a empiré avec la crise actuelle car « on a laissé la place aux experts, parmi lesquels on compte très peu de femmes ». Manon Aubry, députée européenne LFI, a quant à elle voulu mettre à l’honneur » les soignantes, infirmières, aide-ménagères ou caissières, toutes ces « femmes de l’ombre » et « premières de corvées » pendant la crise du coronavirus.