Déconfinement : Jean Castex, « Monsieur déconfinement » du gouvernement insiste sur la progressivité du plan

TOUT DOUCEMENT Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’on retourne en confinement après le 11 mai si cela ne fonctionne pas bien

20 Minutes avec AFP

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Jean Castex, le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement.
Jean Castex, le coordonnateur national à la stratégie de déconfinement. — LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA

Jean Castex, le haut fonctionnaire chargé de coordonner le déconfinement, a insisté ce mercredi sur le caractère progressif de la sortie du confinement et mis en garde contre le risque de « rechute » en cas de relâchement dans le respect des règles de précaution. « J’ai proposé que soit également prêt un plan éventuel de reconfinement », a-t-il ajouté, sans plus de précisions, au cours d’une audition devant la commission des lois du Sénat.

Un bilan « le plus transparent possible » de cette première étape sera fait fin mai. « A ce moment-là, on dira si l’on passe à une nouvelle phase du déconfinement », a-t-il expliqué. « Si on ne fait pas bien les choses (…) on peut passer la marche arrière, mais nous faisons tout pour que l’on puisse passer la marche avant », a-t-il averti. « On est sur la phase 1 du déconfinement, c’est encore une période où il faut que nous soyons très précautionneux », a-t-il dit.

Un relâchement déploré

Cette première étape, du 11 mai au 2 juin, « c’est la recherche de l’équilibre entre le respect de la doctrine sanitaire et les exigences de la vie économique et sociale du pays », a-t-il fait valoir. « On ne peut pas refaire comme avant, tout le monde ne peut pas aller partout en toutes circonstances. Donc, il faut faire des choix », a martelé Jean Castex. Le comportement des Français « est la clé de la réussite », a-t-il souligné, déplorant « un petit relâchement » dans le respect des règles de précaution : « Si ça se prolonge en phase de sortie de confinement, si on ne respecte pas les règles élémentaires, on risquera la rechute ».

Dans un premier temps, les transports seront, selon lui, le sujet « le plus délicat », notamment dans les grandes collectivités et en particulier en Ile-de-France. « Le maître mot, c’est la progressivité », avec une reprise échelonnée des transports publics. Reprise progressive également pour les établissements scolaires, avec « une action très dynamique » auprès des familles pour tenter, d’y ramener le plus tôt possible les élèves les plus décrocheurs. « L’intérêt, c’est que la machine redémarre. Doit-elle redémarrer le 11 mai pile ? Non, ce n’est pas possible », a-t-il estimé.

Les préfets et préfètes en première ligne

Sur les masques de protection, « nous nous mettrons en état » d’en fournir aux écoles pour les élèves de 6 à 12 ans, pour lesquels le port du masque est recommandé, a-t-il souligné. « Un changement significatif » doit également intervenir en matière de tests, avec un dépistage systématique des personnes qui ressentiront des symptômes de la maladie. « De l’ordre de 700.000 tests » seront nécessaires par semaine, a-t-il précisé.

Les préfets et préfètes de département seront les « acteurs privilégiés » de la mise en œuvre du dispositif, en coopération avec les maires ou les associations. « Il faut rapprocher le plus possible la mise en œuvre du terrain, mais avec une chaîne de commandement claire, lisible et unique », a-t-il souligné. Interrogé sur la limitation des déplacements après le 11 mai, Jean Castex a souligné l’objectif d’éviter des transferts massifs d’une région à une autre.