Déconfinement : Le ministère prépare un guide des bonnes pratiques sur le télétravail

REPRISE De leur côté, les syndicats souhaitaient négocier un accord interprofessionnel avec le gouvernement

20 Minutes avec AFP

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Muriel Pénicaud sur le banc des ministres à l'Assemblée nationale (illustrations)
Muriel Pénicaud sur le banc des ministres à l'Assemblée nationale (illustrations) — Philippe Lopez/AFP

A quelques jours du déconfinement, un guide de bonnes pratiques sur le télétravail va être publié d’ici la fin de la semaine par le ministère du Travail, a-t-il indiqué, ce mercredi, confirmant une information de syndicats, qui préféreraient garder la main sur ce sujet et négocier un accord interprofessionnel.

« La ministre du Travail se propose de faire un guide pratique sur le télétravail, s’appuyant sur les textes existants, notamment les dispositions de l’accord de 2005 », a affirmé à Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière.

« Pas de place au dialogue social », selon les syndicats

Lors d’une visioconférence mardi avec les partenaires sociaux, Muriel Pénicaud « a dit que si on négociait, ça risquait d’être un peu long », et que pour cette raison, le ministère allait faire ce guide « à destination des entreprises pour qu’elles puissent améliorer leurs dispositifs », a de son côté souligné François Hommeril, président de la CFE-CGC. Mais les syndicats se sont montrés sceptiques mercredi.

« Ce serait mieux qu’entre partenaires sociaux nous donnions des éléments qui puissent être complétés par le ministère, plutôt que de faire l’inverse », a proposé Catherine Pinchaut (CFDT), pointant le « protocole de confinement » publié dimanche par le ministère, « extrêmement technique et qui ne fait pas de place au dialogue social ».

Des conditions de travail « extraordinairement dégradées »

« Je ne voudrais pas que ce soient les pouvoirs publics qui décrètent et décident en lieu et place de la négociation », a relevé Yves Veyrier. « On ne peut pas s’en sortir avec une brochure. Il faut une négociation interprofessionelle », a plaidé François Hommeril. Plus généralement, il considère que « quand la ministre du Travail parle de télétravail, elle fait un abus de langage » : « Ce qui se passe actuellement, c’est une continuation du travail dans des conditions extraordinairement dégradées. »

Ses pairs vont dans le même sens depuis une dizaine de jours. Lui appelle à ce que les négociations sur le télétravail « soient circonscrites à la période dégradée actuelle » et que l’accord porte sur une période de quelques mois. Optimiste, le président du syndicat des cadres estime que syndicats et patronat sont « capables de sortir quelque chose en trois réunions ».

« On va ramasser des milliers de salariés à la petite cuillère »

Il reconnaît toutefois que le patronat n’est pas « très motivé » : « Leur préoccupation, c’est la trésorerie, et on peut le comprendre. Mais sur la négociation télétravail, il n’y a pas d’enjeux financiers - sujet sur lequel échouent souvent les négociations interprofessionnnelles. Si on ne fait pas gaffe, on va ramasser des milliers de salariés à la petite cuillère ».

De son côté, Yves Veyrier est partant pour une négociation plus générale, « qui puisse traiter à la fois la situation immédiate tout en ouvrant les pistes d’un cadrage à plus long terme du télétravail ». Dans tous les cas, la négociation devrait être lancée en mai, espèrent les syndicats. Lundi, la ministre du Travail avait indiqué que 5 millions de personnes étaient en télétravail actuellement, et prévenu que « si le résultat de la négociation arrive en septembre-octobre, c’est intéressant pour le futur mais ce ne sera pas opérationnel pour la phase qui vient ».