La Guyane frappée par de fortes inondations, du jamais vu depuis « trente ans » selon le préfet

INTEMPERIES La pluviométrie enregistrée en Guyane ces trois dernières semaines équivaut à deux années de pluie dans le Morbihan

20 Minutes avec agences

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Illustration des inondations.
Illustration des inondations. — M.LIBERT / 20 MINUTES

Des intempéries d’une rare intensité s’abattent depuis plusieurs jours en Guyane. Elles ont causé de multiples sinistres et nécessité l’envoi de matériel et de nourriture à Camopi-Trois Sauts, une commune reculée, a indiqué ce lundi le préfet de Guyane, Marc del Grande, lors d’un point presse.

A Saint-Laurent du Maroni, « 139 personnes ont été évacuées et 99 d’entre elles ont accepté d’être hébergées dans un gymnase » depuis dimanche soir, a-t-il précisé.

Du jamais vu depuis « trente ans »

La Guyane, entrée en plein dans la saison des pluies, est sous « vigilance » aux fortes pluies et fortes marées depuis plusieurs jours. Un nouvel épisode intense est attendu dans les 48 heures, ont annoncé les autorités.

La pluviométrie enregistrée en Guyane ces trois dernières semaines équivaut à deux années de pluie dans le Morbihan. Du jamais vu depuis « trente ans », a souligné le préfet.

La commune de Camopi-Trois Sauts, située à la frontière avec le Brésil, est particulièrement touchée. « 80 % » du millier d’habitants de Camopi ont leur foyer inondé, selon l’ancien maire de la commune, René Monerville, contacté par l’AFP.

« Les gens construisent un nouveau campement en bâches pour s’abriter. Il y en a qui ont perdu toutes leurs affaires », s’alarme Jérémie Mata, un habitant de Camopi joint lundi par l’AFP.

Des risques de pénurie

Depuis « quatre jours » le fleuve, qui traverse la commune, est en crue, selon cet habitant, qui déplore des risques de pénurie à cause de l’impossibilité d’aller comme d’habitude « à la chasse, à la pêche », et de récolter. Certains « sont dans le noir et s’éclairent à la bougie », à cause de la perte momentanée des groupes électrogènes familiaux et de la raréfaction du « carburant ».

« Deux tonnes d’eau », « 30 kg de matériel médical », des vêtements, des cartouches de fusil de chasse, des hameçons, du carburant et du gaz devraient être rapidement acheminés à Camopi-Trois Sauts par voie aérienne et pirogues, selon la préfecture.

En paddle dans les rues

Ailleurs, le phénomène a causé des coupures d’électricité et plusieurs dégâts sur les routes, sans faire de victimes.

A Saint-Laurent, près du Surinam, surpris par la montée des eaux, certains ont dû quitter leur quartier « à la nage », selon la chaîne de radio-télévision Guyane La 1ère​. A Kourou, certains postent sur les réseaux sociaux leur déplacement en paddle dans les rues.