Coronavirus : Pour Laurent Berger, le retour en entreprise « ne marchera pas » sans dialogue social

DISCUSSIONS Donner de l’importance au dialogue social permettra de « redonner confiance aux salariés » dans cette période difficile, selon le secrétaire général de la CFDT

20 Minutes avec AFP
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Laurent Berger, le 5 février 2020 à Villeurbanne.
Laurent Berger, le 5 février 2020 à Villeurbanne. — ALLILI MOURAD/SIPA

A l’aube du déconfinement, Laurent Berger prône le dialogue social. Le secrétaire général de la CFDT regrette ce mardi que le protocole de retour au travail du gouvernement ne mentionne pas ces discussions internes, indispensables à la reprise, selon lui.

Ce protocole, diffusé dimanche par le ministère du Travail, « est intéressant sur les aspects techniques, mais il n’a de sens que s’il fait l’objet de discussions, de dialogue », a estimé le dirigeant lors de l’émission en ligne Ecorama (Boursorama et l’Opinion). « Il fait l’exploit, le protocole du gouvernement, de ne jamais prononcer ou écrire " dialogue social, représentants du personnel " », a-t-il relevé. « Si ça ne fait pas l’objet d’un dialogue social au sein de l’entreprise, ça ne marchera pas », a-t-il ajouté, à propos de la reprise de l’activité.

Le temps de la réflexion avant la reprise

« Aujourd’hui, les entreprises qui ont recommencé à avoir de l’activité, à chaque fois que ça fonctionne bien, c’est qu’il y a eu le temps de s’interroger avec les représentants du personnel et même avec les salariés sur l’organisation du travail », a assuré Laurent Berger.

Il a aussi insisté sur ce point dans une interview au Monde en ligne : « C’est incroyable qu’il n’y ait pas au minimum une explication pour dire que ces préconisations doivent être mises en œuvre dans le cadre d’un dialogue interne. Les entreprises qui vont l’appliquer de manière unilatérale risquent de passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire redonner confiance aux salariés ».

La solidarité au cœur de la crise

Il a en outre jugé « insuffisantes » les aides débloquées par le gouvernement pour les plus démunis, y compris celle annoncée lundi de 200 euros, versée en juin à quelque 800.000 jeunes de moins de 25 ans « précaires ou modestes ».

« Nous réclamons 250 euros par mois et par personne pendant toute la durée du confinement et que le RSA soit versé aux moins de 25 ans », a-t-il précisé. « Je ne dis pas que les pouvoirs publics n’ont rien fait, mais ces gestes doivent être pérennes car le risque est grand que ces publics soient oubliés par la suite. Notre pays va devoir faire preuve de beaucoup plus de solidarité que par le passé », a-t-il souligné.

Plus généralement, il a jugé « préoccupant » le climat social : « Le niveau de confiance dans le pays est faible, la tentation de la conflictualité est forte parce qu’il y a des situations d’inégalités et une absence de visibilité sur la suite ».