Bureaux rouverts, tournées complètes… La Poste amorce son retour à la normale

COURRIER « La Poste n’a pas été défaillante et elle n’a pas disparu » pendant le confinement, s’est défendu ce mardi son PDG

20 Minutes avec AFP

— 

Une postière en période de Covid-19.
Une postière en période de Covid-19. — FRED SCHEIBER/SIPA/SIPA

Très perturbé par l’épidémie de coronavirus, le fonctionnement de la Poste se rapproche peu à peu de la normale. Interrogé sur RTL, son PDG Philippe Wahl estime que la Poste n’a pas manqué à son devoir pendant le confinement.

« La Poste n’a pas été défaillante et elle n’a pas disparu », a assuré ce mardi Philippe Wahl. Depuis le début du confinement, imposé depuis mi-mars aux Français pour lutter contre la propagation du coronavirus, le groupe public a nettement réduit ses services. La Poste a limité la distribution du courrier à quelques jours par semaine – trois, puis quatre depuis fin avril –, tandis que de nombreux bureaux sont restés fermés.

De nouvelles mesures pour les personnes isolées

Le groupe va maintenant revenir progressivement à la normale, ou presque. Il a annoncé mardi que les tournées reprendraient six jours de la semaine à partir du 11 mai, même si le samedi restera réservé aux recommandés, aux colis et à la presse quotidienne. « Il reste encore quelques milliers de lettres qui restent bloquées depuis le début du confinement », a rapporté Philippe Wahl. « Nous sommes en train de les remettre en circulation au fur et à mesure. »

Quant aux bureaux, ils devraient tous rouvrir d’ici à la fin mai avec des horaires certes adaptés. La Poste compte, au passage, permettre aux personnes « isolées et fragiles » de remettre leur courrier au facteur, pour que celui-ci s’occupe de le poster, avec la possibilité de lui payer l’affranchissement.

Ce redémarrage marque la fin d’une période délicate pour la Poste, qui s’est trouvée entre deux feux. D’un côté, elle a dû entendre les préoccupations de syndicats quant aux conditions sanitaires de travail. De l’autre, elle a fait face aux inquiétudes d’élus ruraux et de banlieues, craignant un abandon de ces zones avec la fermeture des bureaux locaux.

Un quart des salariés absents

« La Poste a été là, simplement elle a été là d’une autre manière parce que la crise nous a bouleversés », a insisté Philippe Wahl, rappelant que le groupe s’était par exemple concentré sur la distribution des aides sociales.

« Pour réussir ce tour de force, il fallait faire des choix et il fallait donner la priorité aux bureaux de postes les plus importants », a-t-il expliqué. Principal écueil à l’organisation du groupe, de nombreux salariés ont été absents – un quart des 220.000 employés début avril –, mais le patron de la Poste a, de nouveau, démenti mardi que cette situation fût liée à des refus massifs de travailler, évoqués par certains médias.

De lourdes conséquences pour le groupe

« Les droits de retrait ont été marginaux », a affirmé Wahl, notant en revanche que l’entreprise avait elle-même demandé aux employés âgés ou à la santé fragile de rester chez eux, tandis que d’autres devaient garder leurs enfants.

Admettant que des cas de Covid-19 s’étaient déclarés parmi les équipes de la Poste, le PDG n’a pas donné leur nombre, renvoyant au « secret médical ». Désormais, le groupe, qui évoque une quantité de courrier divisée par deux pendant le confinement, s’apprête à gérer les lourdes conséquences économiques de la crise sur son activité.

Philippe Wahl, qui se félicite d’un rebond du nombre de colis ces dernières semaines au-delà même du niveau observé un an plus tôt, s’est abstenu d’évoquer toute hausse du prix du timbre, rappelant qu’une telle décision dépendrait de l’autorité de régulation du secteur, l’Arcep.