Déconfinement : Macron en visite dans une école, face à l’inquiétude

DECONFINEMENT La réouverture des écoles est un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques

20 Minutes avec AFP

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Une cour d'école à Neuilly-sur-Seine, le 14 mars 2020.
Une cour d'école à Neuilly-sur-Seine, le 14 mars 2020. — Christophe Ena/AP/SIPA

Dans la course à obstacles vers le déconfinement du 11 mai, Emmanuel Macron se rend mardi dans une école des Yvelines pour tenter de lever les inquiétudes des maires en charge de préparer cette périlleuse rentrée.

Et elles sont nombreuses, selon ces élus, particulièrement en région parisienne où la plupart d’entre eux refusent de rouvrir les écoles dès la semaine prochaine. Ainsi, 329 maires d’Ile-de-France, dont la maire PS de Paris Anne Hidalgo, ont écrit dimanche au président Macron pour lui demander de repousser la réouverture des écoles à une date ultérieure, dénonçant un déconfinement « à marche forcée ».

Mais pour Emmanuel Macron, il est une « étape indispensable » afin de remettre le pays en marche, après le confinement de millions de Français pendant près de deux mois. « Le moment est critique, nous ne pouvons pas rester confinés », a lancé de son côté le Premier ministre Edouard Philippe devant le Sénat, où il n’a pas été entendu. La Chambre haute a refusé lundi de valider le plan de déconfinement du gouvernement par 89 voix contre 81 et 174 abstentions, sans conséquence majeure toutefois sur sa mise en œuvre. « Le confinement se justifiait par l’urgence, mais son coût social et économique est colossal », a-t-il souligné.

Le décrochage scolaire, « bombe à retardement »

Edouard Philippe a également qualifié la fermeture des écoles de « catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents », le décrochage scolaire étant selon lui « probablement une bombe à retardement ». Emmanuel Macron tentera à Poissy de rassurer les craintes des élus et des enseignants en se rendant à l’école élémentaire Pierre Ronsard en compagnie du ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer.

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer la réouverture des écoles : lavage de mains à répétition, bureaux espacés d’au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances… Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette rentrée à hauts risques.

Et si à Marseille, tout est prêt dans les écoles, selon son maire Jean-Claude Gaudin, c’est loin d’être le cas à la Guadeloupe où là aussi les élus ont voté dimanche une motion pour reporter la rentrée à septembre.

La question de la responsabilité pénale des élus

Les élus sont aussi inquiets sur leur responsabilité pénale si la sortie du confinement devait mal se passer. « Nous ne pouvons pas déconfiner sans protéger l’exercice des responsabilités qui seront prises par beaucoup de Français et qui les dépassent », a jugé le sénateur LR Philippe Bas, avant le vote dimanche soir au Sénat d’un texte visant à mieux les protéger. Le dispositif adopté, contre l’avis du gouvernement, dispose que pendant l’état d’urgence sanitaire « nul ne peut voir sa responsabilité pénale engagée » pour des contaminations par le coronavirus, sauf en cas d’intention délibérée, imprudence ou négligence.

D’une manière générale, les sénateurs qui ont entamé lundi l’examen du projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire, sont fermement décidés à le réécrire pour y « inscrire des garanties essentielles ».