Coronavirus : SNCF, RATP, Keolis… Les transporteurs lancent un avertissement au gouvernement

DEPLACEMENTS Dans une lettre à Edouard Philippe, les patrons et patronnes des sociétés de transport estiment que le secteur n’est pas encore prêt pour un redémarrage en toute sécurité

L.Br.

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Un agent de nettoyage dans le métro à Rennes (image d'illustration).
Un agent de nettoyage dans le métro à Rennes (image d'illustration). — AFP

A partir du 11 mai, le gouvernement a prévu une réouverture des transports, en demandant aux transporteurs de faire respecter des règles de distanciation sociale, dans les rames comme sur les quais. Mais dans une lettre adressée au Premier ministre et publiée par Le Point, les dirigeants et dirigeantes des principales sociétés de transport public indiquent qu’ils ne sont pas prêts et réclament l’aide du gouvernement.

« Après plusieurs jours de travail et de concertation avec l’ensemble des parties prenantes, il apparaît que les transporteurs ne disposent pas, aujourd’hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation », écrivent les signataires, dont Jean-Pierre Farandou (SNCF), Catherine Guillouard (RATP), Patrick Jeantet (Keolis) et Edouard Hénaut (Transdev).

Des forces de l’ordre pour gérer les flux

Ils estiment que, pour respecter ces mesures, il faudrait réduire la capacité de transport à 10 ou 20 %, et alertent sur le fait que la situation pourrait devenir explosive : « En cas de forte affluence », les « risques d’arrêt du service » sont « susceptibles de générer des troubles » et « des tensions sociales de la part du personnel », telles que droits de retrait ou assignations judiciaires.

Pour faire face à la reprise, les dirigeants demandent « la mobilisation des forces de l’ordre, nationales et municipales », une « condition indispensable à la régulation de ces flux », estiment-ils. A défaut de mesures prises pour les aider, ces sociétés brandissent la menace d’un « arrêt des transports publics pourtant indispensables à la sortie du confinement et la reprise de l’activité économique », voulue par le gouvernement.