Policiers percutés à Colombes : Le suspect mis en examen et écroué

TERRORISME Le suspect assume « totalement son acte »

20 Minutes avec AFP
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Deux motards de la police ont été grièvement blessés. L'acte serait volontaire.
Deux motards de la police ont été grièvement blessés. L'acte serait volontaire. — DR

Youssef T., accusé d'avoir fauché au volant d'une voiture trois policiers lundi à Colombes (Hauts-de-Seine), a été mis en examen et écroué vendredi pour « tentative d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », a annoncé à l'AFP le parquet national antiterroriste.

Selon des sources concordantes, ce Français de 29 ans animé par une idéologie anti-occidentale et ayant fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) assume « totalement son acte » qui a grièvement blessé deux policiers et qu'il aurait commis seul. Après la fin de sa garde à vue et son défèrement au parquet vendredi matin, un juge d'instruction a mis en examen Youssef T. dans l'après-midi avant qu'il ne soit placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).

Lundi vers 17H00, Youssef T., au volant d'une BMW, a violemment heurté deux motards de la police nationale qui contrôlaient une voiture, les blessant grièvement aux jambes, et a atteint plus légèrement un policier municipal. Une lettre d'allégeance au groupe État islamique (EI) ainsi qu'un couteau ont été retrouvés dans sa voiture et le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi des faits mardi après qu'une expertise psychiatrique du suspect a écarté toute abolition ou altération de son discernement.

Pas fiché S

« Je prête allégeance à Abou Walid al-Sahraoui, nouvel émir de l'Etat islamique et digne héritier d'Abou Bakr Al-Baghdadi », proclamait-il dans cette lettre, selon une source proche du dossier.

Selon un communiqué du Pnat, le suspect expliquait vouloir se lancer « à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l'ensemble de la terre ».

Adnane Abou Walid al-Sahraoui est le chef du groupe Etat islamique du Grand Sahara (EIGS), actif essentiellement dans le nord-est du Mali et de l'autre côté de la frontière avec le Niger. En janvier, Emmanuel Macron avait déclaré que l'EI était désormais l'« ennemi prioritaire » au Sahel.

Youssef T. n'était « pas fiché S » pour radicalisation, selon le Pnat. Connu pour des « faits de droit commun anciens », il avait fait l'objet d'un rappel à la loi pour outrage à agent en 2014, selon la procureure de Nanterre Catherine Denis, qui a mené les premières investigations avant la saisine du Pnat.

Alors que des photos du suspect en garde à vue ont été diffusées sur les réseaux sociaux, son avocat a indiqué à l'AFP porter plainte pour violation du secret de l'enquête, du droit à la présomption d'innocence et du droit au respect de la vie privée.