Coronavirus dans la Drôme : Le maire d'une petit commune refuse de rouvrir son école le 11 mai

DECONFINEMENT Il a pris un arrêté en ce sens et refuse de le retirer comme l'exige la préfecture

C.G. avec AFP

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Une école à Rennes (illustration).
Une école à Rennes (illustration). — Mathieu Pattier/SIPA
  • Le maire de la petite commune de Saulce-sur-Rhône (Drôme) annonce qu’il « gardera les clés » de son école le 11 mai.
  • Il a pris un arrêté en ce sens et refuse de le retirer comme l’exige la Préfecture.

Le maire d’une petite commune de la Drôme, opposé pour des raisons sanitaires à la réouverture des écoles le 11 mai, a pris un arrêté en ce sens et refuse de le retirer comme l’exige la préfecture.

« Je maintiens ma position. Le 11 mai, je garderai les clés de l’école dans ma poche », a déclaré mercredi Henri Fauqué, maire DVG de Saulce-sur-Rhône depuis 1983, au lendemain des annonces du Premier ministre sur la réouverture des établissements scolaires.

Un arrêté du 23 avril

Le 23 avril, après de premières indications du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, l’édile – ancien haut fonctionnaire – a pris un arrêté maintenant la fermeture, jusqu’à nouvel ordre, des écoles et du restaurant scolaire de ce village de 2.000 habitants.

Une centaine d’enfants mangent actuellement à la cantine, en deux services, ce qui prend ordinairement deux heures. « Si l’on veut respecter les distances nécessaires, il en faudra quatre, et tout désinfecter entre chaque service. Quatre heures de suspension à la pause méridienne, on fait comment ? »

Le préfet de la Drôme lui a demandé depuis de retirer son arrêté mais l’élu n’en fera rien, déterminé à défendre ses arguments devant le tribunal administratif, voire le Conseil d’État.

Manque de personnels, de masques et locaux inadaptés

Dans son texte, le maire invoque « les troubles sanitaires générés par la pandémie », « le manque de masques » et les difficultés à faire respecter aux enfants les mesures barrière préconisées. Il fait valoir aussi un manque de personnel et des locaux inadaptés car anciens. Le chantier d’une nouvelle école, qui devait ouvrir à la rentrée prochaine, a été interrompu par l’épidémie.

« Si l’on remet les enfants à l’école, du matin au soir, c’est pour renvoyer les parents au boulot, ce que je peux comprendre d’un point de vue économique, mais aujourd’hui ma priorité est sanitaire », souligne Henri Fauqué. « On ne fait pas payer le prix du rétablissement de la santé des grands groupes aux enfants, ni aux enseignants », ajoute-t-il. Selon lui, « 70 % minimum » des parents d’élèves de la commune, dont il a consulté les représentants, réclament « de vraies mesures de précaution » et s’opposent à la réouverture des écoles en l’état.

Le ministre de l’Éducation a annoncé mercredi que le protocole sanitaire encadrant la reprise de l’école serait précisé vendredi, après discussion avec les maires et les syndicats d’enseignants pour ses déclinaisons locales. Un calendrier qui ne permet pas d’être prêt le 11 mai, estime le maire de Saulce.

« Quand va-t-on recruter le personnel nécessaire ? Quand va-t-on le former ? Moi aujourd’hui je n’ai pas les moyens de respecter les obligations sanitaires inscrites dans mon pouvoir de police. Si demain on vient m’en donner, je suis ouvert », conclut-il.