Coronavirus en Bretagne: Micmac autour de la renaissance de l'usine de masques délocalisée

EPIDEMIE Plusieurs propositions s'imposent pour remplacer l'ancienne usine Honeywell fermée en 2018 dans les Côtes-d'Armor 

Camille Allain

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Image datant de 2005 de l'usine de fabrication de masques de protection à Plaintel. L'usine a fermé en 2018.
Image datant de 2005 de l'usine de fabrication de masques de protection à Plaintel. L'usine a fermé en 2018. — F. Dufour / AFP

L’usine fermée va bien ressusciter. Et peut-être même se démultiplier. Fermé en 2018 pour être délocalisée en Tunisie, l’ancien site de production de masques de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, devrait bien être remis sur pied. Porté par l’ancien directeur du site Jean-Jacques Fuan, le projet de renaissance a pris une nouvelle dimension mardi. Aidé par le député costarmoricain Marc Le Fur, l’entrepreneur annonce avoir que l’investisseur suisse Abdallah Chatila va donner 15 millions d’euros pour créer une usine à Ploufragan, à quelques kilomètres de Plaintel.

Le riche investisseur d’origine libanaise promet que le site pourrait être opérationnel début 2021 et produire jusqu’à 250 millions de masques par an pour lutter contre la propagation du coronavirus. Un chiffre qui donne le tournis. Et qui a surpris le président de la région Bretagne, qui a découvert cette annonce dans la presse. Loïg Chesnais-Girard s’est dit « étonné de la capacité d’engagement de cet industriel ». L’élu socialiste n’aurait eu aucun contact avec l’investisseur qui aurait pourtant acté l’achat du site de Chaffoteaux et Mory, fermé depuis 2013 et rebaptisé Genesis Baie d’Armor. « Bien entendu si ce projet est viable et qu’il permet le développement de l’emploi en Côtes d’Armor, il sera regardé très positivement ».

Mais la méthode interroge. Car d’après le président de région, un autre projet coopératif serait toujours en réflexion « pour permettre une production durable de masques sur le territoire de Saint-Brieuc Agglomération ». Porté par des anciens de l’usine de Plaintel et des acteurs de la santé, du médico-social, de l’agroalimentaire, du bâtiment et de la navale, le projet pourrait démarrer dans quatre à six mois et générer une dizaine d’emplois. Vingt millions de masques pourraient y être produits. Mais ce petit projet peut-il être viabilisé avec l’arrivée d’un mastodonte comme celui porté par l’investisseur suisse ? Le doute est permis.

Et qu’en est-il des promesses d’Emmanuel Macron d'associer l'Etat à la renaissance de l'entreprise costarmoricaine​ ? Soutiendra-t-il un projet privé porté par un millionnaire ? Ou bien un projet coopératif de moindre ampleur ?