Coronavirus dans le Morbihan : La vente d’alcools forts de nouveau autorisée

EPIDEMIE Le préfet avait interdit la vente de spiritueux afin de lutter contre la hausse des violences conjugales

C.A. avec AFP
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La vente à emporter d'alcools forts avait été interdite par le préfet du Morbihan du 17 au 29 avril. Ici à Belle-Ile-en-Mer.
La vente à emporter d'alcools forts avait été interdite par le préfet du Morbihan du 17 au 29 avril. Ici à Belle-Ile-en-Mer. — P. Danic / SIPA

« Frapper un grand coup, pour marquer les esprits ». Douze jours après avoir pris un arrêté interdisant la vente d’alcools forts à emporter, le préfet du Morbihan s’apprête à y mettre fin. « Il y a bien un arrêté qui vient d’être pris qui abroge l'interdiction de la vente d'alcools forts dans le département », indique la préfecture du département du sud Bretagne. « En cours de publication », cet arrêté sera effectif dès jeudi, précise l’administration qui n’a pas précisé les raisons de ce nouvel arrêté. Le texte était censé durer jusqu'au 11 mai, date de fin annoncée du confinement lié à l’épidémie de coronavirus.

Le 17 avril, le préfet Patrice Faure avait pris un arrêté interdisant la vente à emporter d’alcools forts en raison d’une « montée très inquiétante des violences intrafamiliales dans le département » en cette période de confinement. « J’ai obtenu ce que je voulais : une prise de conscience », expliquait le préfet mercredi dans une interview au Télégramme. Patrice Faure soulignait le fait que « certains faits sont d’une extrême gravité. Et dans 100 % des cas, c’est sous l’emprise de l’alcool que ces drames se produisent ».

« Le duo alcool-confinement fait mauvais ménage »

Depuis le début du confinement, les cas de violences intrafamiliales avaient bondi « de 30 % en quelques jours » dans le département, selon le préfet. Dans une vidéo où il s’adressait à la population, il avait affirmé : « Force est de constater que le duo alcool-confinement fait mauvais ménage ».

L’interdiction avait soulevé la colère et l'incompréhension des producteurs et distributeurs de spiritueux qui avaient dénoncé « une décision arbitraire, discriminatoire et inefficace ».