Confinement : Les librairies adoptent le « click & collect » pour minimiser la crise

ACHAT DE LIVRES Pour se procurer une œuvre, elle doit être commandée en ligne puis être retirée dans une librairie, en ayant pris soin de se munir de son attestation de sortie obligatoire

20 Minutes avec agences

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Lecture d'un livre (illustration).
Lecture d'un livre (illustration). — Frédéric BISSON/Flickr

En attendant la réouverture des magasins le 11 mai, de nombreuses librairies ont d’ores et déjà mis en place un service de click & collect permettant de fournir aux clients un livre qu’ils leur auront commandé. Les librairies font partie des secteurs les plus durement touchés par les mesures de confinement mises en place depuis le 17 mars pour lutter contre l’épidémie de Covid-19.

À la cinquième semaine de confinement, les ventes de livres ne se situaient plus qu’à un tiers de leur niveau de 2019, selon une étude de l’institut GfK publiée vendredi par le magazine professionnel Livres Hebdo. En un an, la chute de l’activité a baissé de 68,9 % en valeur. Or, les librairies sont des entreprises connues pour leur fragilité.

Les librairies ouvertes sont listées

De nombreux libraires ont donc décidé, sans mettre en danger leur personnel ou leurs lecteurs, de leur permettre d’obtenir des livres parus avant le confinement. Pour se procurer un livre, on le commande en ligne puis on vient le retirer dans sa librairie en ayant pris soin de se munir de son attestation de sortie obligatoire en cochant la case : « déplacement pour effectuer des achats de première nécessité ».

Pas question cependant d’entrer dans la librairie, de feuilleter les livres, de flâner. Bref de tout ce qui participe du plaisir d’aller dans une librairie. Les initiatives des libraires sont recensées sur le site « jesoutiensmalibrairie.com ». Le site de Livres Hebdo publie de son côté une carte interactive qui liste les librairies proposant du click & collect. Lundi matin, on comptait 219 librairies dans ce cas.

« Un mur d’endettement » à éviter

« Économiquement, nous savons que cette activité réduite ne compensera ni nos pertes ni l’interdiction administrative d’accueil du public dans nos librairies qui s’impose jusqu’au 11 mai au moins », tempère cependant le président du Syndicat de la librairie française (SLF) Xavier Moni. Les 3.200 librairies indépendantes que compte la France attendent une aide financière de l’État pour éviter des fermetures en chaîne. « Il faut un fonds commun d’aide à la librairie » et privilégier un système de subventions pour éviter que les libraires ne se retrouvent face à « un mur d’endettement », explique-t-il.

Une enveloppe d’urgence de 20 millions d’euros a été déjà débloquée pour le secteur de la culture, dont 5 millions pour le livre. Par ailleurs, le Fonds de solidarité national s’est engagé à verser une aide de 1.500 à 2.000 euros à chaque librairie et s’apprête, pour le second niveau d’aide financé par les régions, à porter cette somme jusqu’à 5.000 euros.