Coronavirus : Où peut-on acheter du muguet ce 1er mai ?

CONFINEMENT Trouver son petit brin de muguet sera plus compliqué cette année, alors que les fleuristes sont fermés et que les producteurs ont beaucoup moins récolté

Julie Urbach

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Illustration de pots de muguets
Illustration de pots de muguets — ALLILI/SIPA
  • Cette année, il sera possible de trouver du muguet dans les grandes surfaces et les jardineries, mais pas dans la rue.
  • Les fleuristes, qui n'ont pas reçu l'autorisation d'ouvrir leur boutique, proposent pour certains un service de drive.

En cette période de coronavirus, ses jolies clochettes blanches, symboles du bonheur et de l’espoir, ne nous feraient pas de mal. Mais pourra-t-on acheter son brin de muguet comme le veut la tradition, ce vendredi ? La question se pose alors que la situation est particulièrement compliquée cette année. D’abord parce que les fleuristes, qui écoulent d’habitude 30 % de ces petites fleurs, sont fermés en raison du confinement à ceux qui n'ont pas passé commande à l'avance. Mais aussi car les maraîchers, nantais pour la plupart, n’ont ramassé qu’un tiers de leur production, qui atteint plus de 60 millions de brins en temps normal.

Pour ceux qui souhaiteraient coûte que coûte leur petit muguet, tout n’est pas perdu. Inutile de sortir de chez soi en espérant tomber sur une table sur un trottoir : la vente à la sauvette est interdite, a décidé le Ministère de l’agriculture, tout en lançant « un appel pour que 100 % du muguet français soit vendu pour la semaine du 1er mai ». Les grandes surfaces, elles, sont par contre toujours autorisées à en vendre. Idem pour les jardineries, qui en proposent depuis le début de la semaine, « principalement sous la forme de plante en pot de trois griffes ». Attention, certaines de ces enseignes baisseront leur rideau à l’occasion de la fête du travail.

Des fleurs en drive

Pour ceux qui préfèrent se tourner vers les petits commerces, reste la solution du drive. Là encore, il faudra s’y prendre à l’avance car si les fleuristes n’ont pas reçu l’autorisation de recevoir des clients, ils peuvent tout de même les livrer ou prendre des commandes à retirer sur place. A La Chapelle-sur-Erdre près de Nantes, Muriel Bouquin a choisi cette dernière option, grâce à la plateforme en ligne récemment lancée par la métropole : « Les clients payent sur Internet et je leur fixe une heure de rendez-vous, explique la commerçante, également présidente du syndicat des fleuristes de Loire-Atlantique. Ça fait du bien de retoucher la fleur, même si on ne comprend pas pourquoi on n’a pas été autorisé à vendre. Il n’y a pas plus de risque d’acheter un brin de muguet qu’une baguette chez le boulanger. » Une carte interactive est disponible en ligne pour savoir si un fleuriste près de chez vous a mis en place ce service.

Mais vendredi, le doux parfum du muguet chez son boucher ou son caviste. Car, autre nouveauté, les commerces de proximité qui avaient reçu l’autorisation de rester ouverts pourront en proposer à la vente, et ce même si ça ne satisfait pas tout le monde. « En aucun cas, un buraliste, un boucher ou un boulanger ne peut vendre du muguet ! Chacun son métier ! », a réagi auprès de l’AFP Florent Moreau, président de la fédération française des artisans fleuristes. Une solution qui permettra cependant à certains commerces alimentaires de soutenir leurs collègues fleuristes, en leur « prêtant » un espace de vente.

Muguet et solidarité

Si la situation n’est pas idéale, elle réjouira au moins les résidents de certains Ehpad, comme en Loire-Atlantique. Une opération, financée par le conseil départemental, prévoit l’acheminement de 32.000 brins dans 326 établissements pour personnes âgées à partir de ce mercredi. Plusieurs communes en France, comme Cannes, ont aussi choisi cette solution pour aider les fleuristes à écouler les stocks.

Un esprit de solidarité que vous pouvez vous aussi encourager grâce à des initiatives comme Un brin de solidarité, qui livrera des fleurs aux hôpitaux : à défaut de rapporter de petites clochettes chez vous, vous épaulerez au moins la filière maraîchère tout en apportant un peu de bonheur aux personnels soignants mobilisés contre l’épidémie.