Un dessin d'enfant à l'entrée du squat du 59 Saint Just, à Marseille, en novembre 2019.
Un dessin d'enfant à l'entrée du squat du 59 Saint Just, à Marseille, en novembre 2019. — J. Saint-Marc / 20 Minutes

JUSTICE

Coronavirus à Marseille : Les 36 mineurs isolés du squat Saint-Just mis à l’abri par le département

Le tribunal administratif de Marseille avait ordonné la mise à l'abri d'urgence des mineurs du squat de Saint Just. Depuis ce mardi midi, ils sont hébergés à l'hôtel ou dans des foyers

  • Les 36 mineurs isolés qui vivaient dans un squat, à Marseille, ont été mis à l’abri ce mardi.
  • Les bénévoles qui gèrent ce squat saluent cette mise à l’abri, mais regrettent l'arrêt de l'accueil des mineurs isolés depuis le début du confinement.
  • L'association qui gère l'enregistrement des mineurs non accompagnés doit reprendre son activité ce mercredi.

RECTIFICATIF : Ce sont en fait 36 mineurs isolés qui ont été mis à l'abri, et non 38. Un des jeunes a quitté le département et l'autre était finalement majeur.

Les bénévoles du collectif 59 Saint-Just « crient victoire. » Les 36 mineurs isolés qui vivaient dans ce squat marseillais ont été mis à l’abri par le Conseil départemental ce mardi à la mi-journée, a-t-on appris auprès de ces bénévoles. Les avocats des mineurs avaient obtenu lundi dernier cette mise à l'abri d'urgence auprès du tribunal administratif. Les règles du confinement n’étaient pas respectées dans ce squat surpeuplé.

Les mineurs ont été placés dans des hôtels et des foyers, à Marseille et à Arles. Ils n’ont pas fait l’objet d’un dépistage car ils ne montrent aucun symptôme, confie une source proche du dossier. Environ 120 personnes, dont une cinquantaine d’enfants, vivent toujours dans le squat Saint-Just.

« Cette décision laisse un goût amer »

« Nous sommes très contents pour les 38 jeunes, mais cette décision nous laisse un goût amer », nuance Isabelle, une des bénévoles du collectif. Certains d’entre eux attendaient depuis un an cette mise à l’abri, alors qu’ils bénéficiaient d’ordonnances de placement provisoire. Isabelle « s’étonne de la capacité du département à trouver des places miraculeusement, en pleine crise sanitaire. »

Dans un communiqué, le collectif 59 Saint-Just dénonce également la fermeture des services de l’Association départementale pour le développement des actions de prévention (ADDAP 13) au début du confinement. « Des dizaines de mineurs se retrouvent sous les radars et n’ont eu accès à aucune mesure d’urgence », s’agacent les militants.

Quatre mois d’attente

Le service premier accueil des mineurs isolés de cette association va rouvrir ce mercredi, mais sur rendez-vous seulement. « On ne voit pas comment ça peut aider le gosse qui va arriver demain gare Saint-Charles », illustre Isabelle. Elle rappelle qu’avant la crise sanitaire, il fallait patienter au moins quatre mois avant de se faire enregistrer comme mineur isolé à Marseille.