VIDEO. Coronavirus : La distanciation sociale complique la reprise des transports publics

DECONFINEMENT Les opérateurs de transports espèrent que le port du masque pourra les affranchir des règles de distanciation lorsque le trafic reprendra

20 Minutes avec AFP

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Une femme porte un masque à l'entrée d'une station du RER B à Paris, le 6 mars 2020.
Une femme porte un masque à l'entrée d'une station du RER B à Paris, le 6 mars 2020. — Francois Mori/AP/SIPA

Qui dit déconfinement dit reprise progressive des transports publics. Si Edouard Philippe doit détailler son plan de sortie du confinement, ce mardi devant l’Assemblée nationale, notamment concernant les transports, les mesures de distanciation sociale risquent d’être compliquées à appliquer dans les trains, les métros et les bus.

Les opérateurs de transports espèrent que le port du masque, recommandé par le Conseil scientifique, pourra les affranchir des règles de distanciation lorsque les passagers reviendront sur les lignes à la fin du confinement.

Un masque pour lever les règles de distanciation sociale

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait été l’un des premiers à poser publiquement le problème, lors d’une audition au Sénat le 15 avril. Dans les trains de banlieue d’Ile-de-France par exemple, « si on nous impose de mettre un mètre ou un mètre et demi entre chaque passager, avec 100 % des trains on ne transporte que 20 % de ce qu’on transporte d’habitude… Donc ça ne marche pas ! » Garder ses distances dans un métro, un tramway ou un bus réduit la capacité maximale de 60 à 80 %, selon les différents acteurs qui se sont exprimés sur la question depuis.

Une gageure, alors que les Français devraient reprendre le chemin du travail ou des boutiques à partir du 11 mai. D’autant que les transports publics, souvent surchargés en temps normal, ne fonctionneront pas encore à plein régime. Jean-Pierre Farandou a donc plaidé pour que l’obligation de porter un masque puisse lever à bord les règles de distanciation. « Il faudra un avis médical pour le confirmer », avait-il remarqué devant les sénateurs, ce qui n’empêcherait pas de « renforcer l’application des règles barrières pour sécuriser complètement le dispositif ». Et bien sûr de désinfecter avec soin véhicules et stations.

Un plan détaillé dévoilé mardi par Edouard Philippe

Son avis est partagé par l’ensemble de la profession. « Le port obligatoire du masque dans un espace public partagé viendrait ainsi en substitution claire et logique pour tout un chacun à la règle de distanciation sociale », ont écrit dans un courrier commun au Premier ministre la fédération des opérateurs UTP, la RATP, la SNCF, Transdev, Keolis et l’association des transporteurs indépendants Agir.

Opter pour le port du masque obligatoire « sans mesure contraignante de distanciation sociale entre les voyageurs nous semble la condition fondamentale d’une sortie réussie du confinement. A défaut, nous craignons un chaos potentiel », ont-ils insisté. Le port du masque sera « probablement » obligatoire dans les transports en commun, a déjà fait savoir l’Elysée avant même qu’Edouard Philippe ne détaille le plan de déconfinement du gouvernement, mardi après-midi à l’Assemblée nationale.

Le masque, inutile sans distanciation sociale

Mais porter un masque ne saurait affranchir de la distanciation, selon le Conseil scientifique. « Le principe est le respect des distances minimales permettant d’éviter une contamination respiratoire et manuportée par gouttelettes. Ce principe doit être respecté dans tous les lieux publics, les commerces et les transports en commun », a-t-il écrit dans son avis rendu public samedi. « Le non-respect des règles de distance physique d’un mètre de part et d’autre, que les usagers portent ou non un masque de protection, constitue un vecteur important de la transmission du virus, tant en termes de vitesse que de volume, ce qui pourrait conduire à la reprise incontrôlable de l’épidémie », a-t-il ajouté.

Non sans avancer un certain nombre de questions : comment faire respecter cette distanciation, si elle est décidée ? Faudra-t-il filtrer les gens à l’entrée des rames et des stations, au risque de les entasser sur un quai ou un trottoir ? Pourra-t-on empêcher quelqu’un de monter dans un bus ? Avec aussi, quelle que soit la décision du gouvernement, l’impression que l’avis du Conseil scientifique ne va pas aider les transports publics à surmonter la peur de la promiscuité dans la population tant que le virus continuera à circuler. Et de nombreux Français devraient choisir de prendre le volant, malgré la pollution et les embouteillages.