Toulouse : Une vidéo montrant des policiers frapper un homme avec une muselière crée la polémique

WEB Des images montrant un policier toulousain frappant un homme avec une muselière choquent les internautes depuis ce samedi

M.P.

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Une voiture de police circulant la nuit (illustration).
Une voiture de police circulant la nuit (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Une vidéo puis deux versions, celle des internautes et celle de la police. Tournées à Toulouse et relayées sur les réseaux sociaux [notamment par des groupuscules d’extrême gauche], des images montrant un policier frappant un homme avec une muselière choquent les internautes depuis samedi. La police, elle, réfute toute violence et assure avoir dû maîtriser un homme dangereux, échappé du service psychiatrique de l’hôpital.

Sur ces images tournées vers 2h30 ce samedi matin par un habitant du quartier de la Cartoucherie, on peut clairement apercevoir des policiers accompagnés de deux chiens tentant effectivement de maîtriser un homme, à coups de muselière. L’homme est plaqué à terre par un policier, maintenu par un autre tandis qu’un troisième lui assène des coups de muselière en lui demandant de mettre ses mains dans le dos. Des renforts arrivent rapidement.

Un homme, signalé comme « porteur d’une grenade et d’une arme de poing »

Selon le syndicat Unité SGP Police, les forces de l’ordre ont été appelées ce matin-là après qu’un homme, signalé comme « violent et dangereux et potentiellement porteur d’une grenade et d’une arme de poing », s’est échappé du service psychiatrique de l’hôpital Purpan. Quand les policiers le retrouvent, « l’homme qui mesure 1,90 et pèse 120 kilos est difficile à maîtriser. Il frappe et donne des coups de poing », détaille le syndicat dans un communiqué.

« Il s’en prenait aux policiers qui essayaient de le maîtriser, poursuit Unité SGP Police par la voix de son secrétaire régional en Occitanie, Didier Martinez. Il était devenu nécessaire de le menotter afin de tenter de le raisonner que les policiers parviennent à le maîtriser. » « L’opération a été délicate et les policiers ont dû faire usage de la force pour mettre l’individu très corpulent hors d’état de nuire », détaille à 20 Minutes, Didier Martinez qui assure que la séquence diffusée sur Facebook ou Twitter a été « tronquée d’une grande partie de sa substance ».

« On croit à une scène violente, mais il y a des liens de cause à effet »

La vidéo de près de deux minutes commence alors que l’individu est déjà à terre et frappé à la nuque avec la muselière. « Ces seules images ont été montées en boucle sur une seule action dont on pense qu’elle dure une éternité et que les actes de l’équipe d’intervention sont illégitimes. Mes collègues savent qu’ils sont filmés en permanence, qu’on leur demande des comptes tout le temps. Ils ne vont pas s’exposer comme ça inutilement. On croit à une scène violente, mais il y a des liens de cause à effet. Il faut chercher à comprendre », martèle Didier Martinez. Le secrétaire général regrette, par ailleurs, que ses collègues qui sont « chaque nuit les cibles de violences » fassent « encore une fois l’objet de stigmatisation et d’accusations ».

Sur Twitter, en commentaires de la vidéo, les internautes, eux, dénoncent des « images choquantes », des « violences policières », un « acharnement gratuit » et des « flics qui ont le goût du sang ». De leur côté, les défenseurs des droits de l'Homme, se disent choqués par la « violence » de l'interpellation. « On peut s'étonner de la manière dont un policier s'est comporté. L'attitude nous paraît inadaptée en termes de violence et de respect de la dignité de la personne. Les images sont choquantes », a déclaré Jeff Mignard, de l'antenne toulousaine de la Ligue des droits de l'Homme (LDH). « Cette violence est dans la continuité des violences policières que nous observons depuis plusieurs années. Dans cette période de confinement, nous constatons que certains policiers se lâchent », a assuré Pascal Gassiot, membre de la fondation Copernic et de l'Observatoire des violences policières.