Coronavirus dans le Morbihan : Les producteurs en colère contre l’interdiction de la vente d’alcools forts

ALCOOL Le préfet du département a pris un arrêté le 16 avril pour lutter contre les violences familiales

J.G. avec AFP
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La vente d'alcools forts est interdite depuis le 17 avril dans les grandes surfaces du Morbihan.
La vente d'alcools forts est interdite depuis le 17 avril dans les grandes surfaces du Morbihan. — Yves David

Une décision « arbitraire, discriminatoire et inefficace ». Dans le Morbihan, les producteurs et de distributeurs de spiritueux l’ont mauvaise depuis dix jours. Dans leur viseur, la décision du préfet Patrice Faure d’interdire pendant le confinement la vente d’alcools forts afin de lutter contre les violences familiales. « Nous sommes conscients du contexte sanitaire actuel et tous sensibles aux problèmes des violences intrafamiliales que cela peut entraîner, mais la prohibition n’est pas une solution », affirme la Fédération française des spiritueux dans un communiqué.


A l’exception de la bière, du cidre et vin, la vente à emporter d’alcool est interdite depuis le 17 avril dans le Morbihan et jusqu’au 11 mai afin de « réduire les différends familiaux dans un contexte d’alcoolisation », selon l’arrêté signé le 16 avril. « Alors que notre secteur, constitué de 90 % de PME, s’est largement mobilisé pour fournir l’alcool nécessaire à la fabrication du gel hydroalcoolique et qu’il se bat pour sauvegarder ses emplois, nous ne comprenons pas cette décision arbitraire, discriminatoire et inefficace d’un point de vue de santé publique », ajoute la fédération.

Des violences intrafamiliales en hausse de plus de 30 %

L’interdiction « va simplement entraîner un report vers les autres boissons alcoolisées », estime-t-elle, rappelant qu’« un verre standard de vin, bière ou spiritueux contient la même quantité d’alcool ». « Force est de constater que le duo confinement-alcool fait mauvais ménage », avait souligné le préfet dans une vidéo le 17 avril, évoquant des violences intrafamiliales en hausse de « plus de 30 % en quelques jours ».

Le 24 mars, la préfecture de l’Aisne avait elle aussi annoncé l’interdiction de la vente d’alcool avant de faire marche arrière dans la même journée. Pour expliquer ce revirement soudain, la préfecture avait invoqué « des échanges avec des addictologues sur certaines conséquences négatives possibles d’une mesure généralisée, même très temporaire ».