Coronavirus : Comment Jérôme Salomon a évolué sur le port du masque par le grand public

FAKE OFF Mercredi, le directeur général de la Santé a affirmé « avoir toujours plaidé pour l’accès aux masques grand public ». Jusqu’à début avril, il était beaucoup plus réservé sur le port du masque par l’ensemble de la population. « 20 Minutes » fait le point

Mathilde Cousin

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Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lors d'une conférence de presse le 28 mars.
Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lors d'une conférence de presse le 28 mars. — VAN DER HASSELT/POOL/SIPA
  • Jérôme Salomon a affirmé le 22 avril « avoir toujours plaidé pour l’accès aux masques grand public ».
  • Le directeur général de la Santé s’est montré pourtant très réservé pendant plusieurs semaines sur le port du masque par l’ensemble de la population. Il affirmait le 4 mars « les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public ».
  • 20 Minutes revient sur ses différentes déclarations et l’évolution de son point de vue.

« J’ai toujours plaidé pour l’accès aux masques grand public. » Jérôme Salomon s’est montré affirmatif mercredi lors de son point presse quotidien sur l’épidémie de Covid-19. Après avoir rappelé l’importance du confinement, de la distanciation physique et des gestes barrières pour freiner la progression de la maladie, le directeur général de la Santé s’est exprimé en faveur des masques alternatifs, qu’il a qualifiés de « compléments » à ces mesures de protection.

Le médecin ne s’est pas toujours exprimé en faveur de ces masques. En mars, il se montrait même très réservé sur le port d’un masque par le grand public. 20 Minutes revient sur les déclarations de Jérôme Salomon.

« Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public »

Le 4 mars, Jérôme Salomon expliquait sur BFMTV que « les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public ». Il indiquait suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des autorités américaines et de la Société française d’hygiène hospitalière. Il rappelait que les masques sont valables « pour les malades, pour les personnes à qui on demande de rester à la maison car ils sont en contact d’un cas confirmé et pour les professionnels de santé lorsqu’ils sont en contact avec un malade ».

A la mi-mars, le directeur général de la Santé répète ce message lors de plusieurs interventions publiques. Il avance un risque de mauvaise manipulation des masques et donc de contamination par le grand public. Il exhorte également les Français à être « solidaires » avec les soignants, alors que la France déplore une pénurie d’équipements de protection de ces professionnels.

« On se contamine en touchant son masque »

Le 19 mars, deux jours après le début du confinement, il se montre très réservé sur l’usage de masques en tissu. Il qualifie alors leur fabrication « d’initiatives personnelles », alors que, six jours auparavant, le CHU de Grenoble a publié un patron pour fabriquer son masque en tissu. Il avertit à nouveau sur les risques posés par la manipulation d’un masque : « Les manipulations de masques, qu’ils soient en tissu ou qu’ils soient protecteurs, augmentent les risques de transporter le virus de surface à surface. Un masque, c’est une technique, c’est réservé à des soignants. On enlève son masque, on manipule son masque, on se contamine en touchant son masque. »

Début avril, le 3, Jérôme Salomon modifie sa position : « si nous avons accès à des masques [en cours de production], nous encouragerons le grand public, s’il le souhaite, à porter des masques, en particulier ces masques alternatifs qui sont en cours de production ». La veille, l’Académie de médecine avait préconisé le port de ces masques par le grand public et, le 24 mars, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé reconnaissait que l’usage de ces masques « présente un intérêt pour réserver l’utilisation des masques ayant le statut de dispositif médical ou d’équipement de protection individuel aux professionnels de santé ».

L’agence recommandait le port de ces dispositifs « dans le cadre de l’activité professionnelle ». Après cet avis, Jérôme Salomon cosignait le 29 mars une note créant deux nouvelles catégories de masques « réservés à des usages non sanitaires ».

Le directeur général de la Santé n’a pas « toujours plaidé pour l’accès aux masques grand public », mais sa position a évolué au début du mois d’avril, après la parution d’un décret reconnaissant ces nouveaux types de masques et la publication d’une recommandation de l’Académie de médecine. L’OMS, elle, ne recommande le port d’un masque par les personnes en bonne santé uniquement quand celles-ci « s’occupent d’une personne présumée infectée » par le Covid-19. Le port d’un masque ne doit pas se substituer aux gestes barrières : il reste capital de se laver les mains et de respecter les distances entre les personnes.

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