Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : Comment le Futuroscope envisage-t-il de rouvrir son parc ?

Covid-19 Le plus grand parc d’attractions de Nouvelle-Aquitaine, a commencé à faire retravailler des techniciens pour être prêt à relancer la machine dès qu’il aura le feu vert du gouvernement

Mickaël Bosredon

— 

La nouvelle attraction du Futuroscope, Objectif Mars
La nouvelle attraction du Futuroscope, Objectif Mars — Futuroscope
  • Des techniciens font de nouveau tourner les attractions du parc depuis cette semaine.
  • Le Futuroscope s’apprêtait à inaugurer ses toutes nouvelles Montagnes russes, Objectif Mars, au moment de la fermeture pour cause de coronavirus.
  • Le parc envisage une réouverture avec une fréquentation moindre, voire de ne pas opérer du tout certaines attractions, pour maintenir une offre qualitative.

Au parc du Futuroscope, à Poitiers (Vienne), on ronge son frein. Alors que le plus grand parc de loisirs de Nouvelle-Aquitaine avec près de deux millions de visiteurs par an, venait tout juste de redémarrer sa saison, qu’il avait réalisé « d’excellentes » vacances de février en termes de fréquentation, le coup d’arrêt du 13 mars pour cause d’épidémie de Covid-19, a été particulièrement brutal.

Le parc s’apprêtait de surcroît à inaugurer sa toute nouvelle attraction : Objectif Mars, des Montagnes russes géantes qui devaient ouvrir le 28 mars. Avec 20 millions d’euros, il s’agit du plus gros investissement jamais réalisé au sein de l’établissement, inauguré en 1987.

La nouvelle attraction du Futuroscope, le coller-coaster Objectif Mars
La nouvelle attraction du Futuroscope, le coller-coaster Objectif Mars - Futuroscope

Toujours 700 personnes au chômage partiel

Même si la frustration prédomine au sein des équipes, on reste mobilisé sur la réouverture. « La priorité reste la santé de nos salariés et des visiteurs, insiste Laure Mosseron, directrice marketing et communication au Futuroscope, mais tout le monde attend avec impatience les directives du gouvernement, et les conditions dans lesquelles on pourra réouvrir, sachant que nous souhaiterions redémarrer pour la saison estivale ».

Pour pouvoir relancer la machine au plus vite dès que le feu vert sera donné, le Futuroscope a remis quelques salariés sur le pont. « Quand on a fermé il y avait 750 personnes sous contrat dont 400 CDI, et 700 personnes sont toujours au chômage partiel, poursuit Laure Mosseron. Mais une cinquantaine de personnes travaille : il s’agit essentiellement d’agents de sécurité, et depuis cette semaine des techniciens qui ont repris pour faire tourner les attractions par roulement, surtout celles avec des plateformes qui bougent ou avec des sièges équipés de vérins. »

« Ne pas accepter trop de gens, pour maintenir une offre qualitative »

Rouvrir d’accord, mais dans quelles conditions ? « Nous travaillons sur différents scénarios, et notamment sur la distanciation sociale, sachant que cela ferait diminuer le nombre de personnes dans les attractions, explique Laure Mosseron. Sur certaines attractions où les sièges sont déjà suffisamment espacés, cela ne posera aucun problème, pour d’autres cela voudrait dire ne pas remplir la salle complètement. Cela peut supposer des aménagements, voire de ne pas opérer du tout certaines attractions. Il y a la question de la désinfection aussi : s’il faut nettoyer entre chaque séance, cela rallongera les durées, et cela entraînera aussi une perte de capacité. Au final, cela voudrait certainement dire ne pas accepter trop de gens sur le parc, pour maintenir une offre qualitative et garantir le nombre d’attractions auxquelles ils ont droit. »

Concernant les mesures sanitaires, le Futuroscope prévoit déjà de « renforcer les éléments de nettoyage, mettre à disposition du gel hydroalcoolique, et installer des séparations où c’est nécessaire. » Et pour la distanciation d’un mètre entre les personnes, « nous considérons qu’il faut l’évaluer entre les familles, ou entre groupes de visiteurs. »

Fabrication de visières avec une imprimante 3D

Un parc de loisirs, « c’est aussi des restaurants » rappelle Laure Mosseron. « Les petits établissements ne rouvriront pas peut-être pas, et pour les très grands, il faudra changer notre façon de fonctionner : je ne suis pas sûre par exemple que l’on puisse continuer les buffets dans lesquels les gens se servent. »

Privés d’activité, les salariés du Futuroscope ne manquent pas d’idée pour autant en attendant. Le technicien en charge de l’imprimante 3D du parc a ainsi emporté la machine chez lui pour réaliser des visières, notamment pour le CHU de Poitiers. « Il en sort 170 par semaine. »

Pendant la fermeture du Futuroscope pour cause de Covid-19, un technicien a fabriqué des visières avec une imprimante 3D
Pendant la fermeture du Futuroscope pour cause de Covid-19, un technicien a fabriqué des visières avec une imprimante 3D - Futuroscope

Et du côté du service marketing, on lancera la semaine prochaine un jeu sur les réseaux sociaux. « Ce sera un challenge avec nos fans pour qu’ils se filment chez eux comme s’ils étaient dans l’attraction Objectif Mars. Nous créerons une vidéo dans laquelle on replacera les gens comme s’ils étaient assis côte à côte dans l’attraction. L’idée étant de recréer un roller-coaster géant virtuel. » Il faut bien s'occuper comme on peut.