Coronavirus : Masques livrés par La Poste, ouverture d’une école sur trois… Comment Toulouse envisage le déconfinement

JOUR D'APRES Maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR) a présenté ce vendredi des pistes en vue du déconfinement

Nicolas Stival

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La place du Capitole, à Toulouse, le 21 mars 2020, pendant le confinement.
La place du Capitole, à Toulouse, le 21 mars 2020, pendant le confinement. — Frédéric Scheiber / Sipa
  • Les habitants de Toulouse vont recevoir des masques par La Poste.
  • Une école sur trois sera ouverte au début du déconfinement « pour accueillir entre 3.000 et 4.000 élèves », selon le maire Jean-Luc Moudenc (LR).
  • Les transports urbains devraient fonctionner dans un premier temps sur un rythme d’été.

A Toulouse comme ailleurs en France, le 11 mai marquera le début d’un déconfinement progressif, mais pas encore d’un retour à la normale en ces temps de coronavirus. Ce vendredi matin, lors d’une visioconférence, le maire et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc (LR) a esquissé quelques pistes pour ce jour d’après.

900.000 masques pour toute la métropole

Ces masques « gratuits, en tissu et homologués par l’Afnor seront lavables jusqu’à 50 fois » indique Jean-Luc Moudenc. Ils viennent de Montluçon (Allier) mais ont été « fabriqués en Asie ». Payés 2,02 euros TTC l’unité par la métropole, ils seront offerts aux habitants des 37 communes de la métropole, chacune choisissant son mode de distribution. A Toulouse, c’est La Poste qui amènera les masques au domicile des 480.000 habitants, avec un mode d’emploi.

« La livraison est prévue quelques jours avant le 11 mai », indique l’élu. Ce vendredi matin, le conseil régional d’Occitanie et le conseil départemental de Haute-Garonne ont par ailleurs annoncé dans un communiqué conjoint la commande de 1,4 million de masques textiles lavables, dans le cadre d’une commande régionale globale de 6 millions de masques pour d’autres départements.

Une école ouverte sur trois

A plusieurs reprises, Jean-Luc Moudenc a invoqué « la doctrine scolaire » que doit définir le gouvernement la semaine prochaine pour expliquer le flou qui règne encore dans ce secteur. Mais dans un premier temps, « une école sur trois sera ouverte » après la fin du déconfinement, « pour accueillir entre 3.000 et 4.000 élèves ». Soit à peu près 10 % des 35.000 enfants qui fréquentent en temps normal les 206 établissements scolaires de la ville.

« Il y aura beaucoup d’adaptation et beaucoup de souplesse », a ajouté le maire, en rappelant qu’il ne faudra « pas plus de 15 enfants par classe en primaire et pas plus de dix par classe de maternelle. » La cantine sera assurée pour les enfants que leurs parents choisiront d’envoyer, « dans les réfectoires mais aussi dans d’autres salles, peut-être dans le préau », en fonction des conditions climatiques.

Les crèches municipales ouvriront aussi le 11 mai. Les familles concernées sont en cours de sondage. « Pour l’instant, 40 % des parents interrogés ne souhaitent pas remettre leurs enfants en crèche », indique Jean-Luc Moudenc.

Des transports en mode été et des pistes cyclables temporaires

« Aujourd’hui, le trafic Tisséo est autour de 5 % de la normale. L’idée, c’est le reprendre le 11 mai avec le rythme habituel de l’été, soit 25 à 30 % du trafic habituel. » L’élu espère un « port de masque obligatoire » dans les métros, tramways et bus.

Masques ou pas, des Toulousains voudront éviter la promiscuité des transports en commun, un répulsif puissant en période de pandémie. « Pour ne pas que tout le monde se jette sur sa bagnole », dixit Jean-Luc Moudenc, des « pistes cyclables provisoires » seront ouvertes.

Cette initiative concernera l’avenue Etienne-Billières, les boulevards de Suisse et Silvio-Trentin mais aussi des portions d’avenues (Jean-Rieux, Grande-Bretagne, Paul-Séjourné, Saint-Simon).

Une « plate-forme participative pour l’après-Covid »

L’idée a déjà été émise notamment par la région Hauts-de-France. A partir de la semaine prochaine, les Toulousains vont pouvoir décliner en ligne leurs propositions pour le monde de l’après-corovirus, au niveau local, mais aussi bien au-delà, assure l’édile : « Une fois qu’ils auront donné leurs idées, ce qui sera possible jusqu’au 15 juin, elles seront transmises au président de la République, au Parlement européen, à la Commission européenne, au Sénat, à l’Assemblée nationale et aux présidents de tous les groupes de ces chambres. »