Coronavirus à Lyon : Qui va pouvoir bénéficier des 100 millions d’euros d’aides d’urgence de la métropole ?

CRISE ECONOMIQUE Ce plan d’aides économiques est destiné à soutenir les entreprises, commerçants, très pénalisés par la crise sanitaire, mais aussi les étudiants ou les bénéficiaires du RSA

Elisa Frisullo

— 

Le président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld.
Le président de la Métropole de Lyon David Kimelfeld. — Konrad K. / Sipa
  • Les élus de la métropole de Lyon ont voté jeudi un plan d’aides économiques d’urgence de 100 millions.
  • L’objectif est de soutenir dans un premier temps tous les commerces, associations et entreprises au bord de la faillite en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.
  • Les étudiants, acteurs du tourisme et bénéficiaires du RSA sont aussi visés.

L’objectif affiché est de gérer les situations les plus urgentes qui pourraient conduire à la faillite. Lors d’un conseil extraordinaire, suivi à distance par la majorité des élus et retransmis en direct sur Internet, les conseillers communautaires de la métropole de Lyon ont validé jeudi en fin de journée un plan d'aides économiques d'urgence de 100 millions d’euros proposé par le président David Kimelfeld.

Un plan d’actions avec plusieurs axes qui doit permettre de soutenir les commerçants, petites entreprises, étudiants et associations de l’agglomération, très pénalisés par la crise sanitaire liée au coronavirus.20 Minutes vous détaille ces mesures.

1.000 euros par mois pour les entreprises en panne de trésorerie

Des caisses vides mais des charges habituelles qui continuent de tomber. Voilà la situation à laquelle sont confrontées depuis plusieurs semaines d’innombrables entreprises partout en France. Pour éviter l’asphyxie des sociétés les plus fragiles en panne de trésorerie, la métropole a décidé d’attribuer une aide de 1.000 euros pour mars et pour avril aux petites entreprises du territoire comptant 10 salariés au maximum. Pour en bénéficier, ces dernières doivent déjà être concernées par l’aide de 1.500 euros fournie par l’Etat (fonds de solidarité). Dans l’agglomération, entre 20.000 et 30.000 TPE devraient pouvoir en bénéficier dès la fin d’avril, avec effet rétroactif pour mars. Cette mesure est évaluée à 60 millions d’euros pour la collectivité, précise la métropole.

Un coup de pouce aux acteurs du tourisme

Egalement bien en peine, les acteurs du tourisme vont bénéficier d’un report du recouvrement des reversements de la taxe de séjour restant due au titre de 2019 pour les hôteliers et hébergeurs du tourisme. Il en sera de même pour les trois premiers mois de l’année 2020. La métropole a par ailleurs prévu de verser une subvention exceptionnelle de 651.206 euros à l’office du tourisme « pour compenser l’annulation des cotisations 2020 de ses adhérents », à savoir les musées, restaurants, structures de loisirs, hôteliers pour lesquels la collectivité réfléchit à d’autres mesures de soutien actuellement en préparation.

Les associations en première ligne et étudiants soutenus

Les étudiants en précarité seront également aidés grâce à une enveloppe complémentaire de 500.000 euros au fond d’urgence créé par la Communauté d’universités et d’établissements regroupant les établissements de Lyon et Saint-Etienne. « Cela permettra de fournir aux étudiants en précarité des équipements informatiques avec accès wifi pour lutter contre la fracture numérique. Ce plan concernerait 3 % des étudiants du site, soit 4.200 étudiants », indique la métropole. Les associations œuvrant en première ligne depuis le début de la crise sanitaire ne seront pas en reste. Une enveloppe de 200.000 euros sera allouée à celles qui se sont mobilisées pour participer à l’aide alimentaire, à l’aide aux personnes infectées par le Covid-19, aux victimes de violences conjugales… Une aide supplémentaire de 200.000 euros au total sera versée enfin à la Croix-Rouge, au Secours catholique, au Secours populaire, à l’Entraide majolane et au groupement des épiceries sociales et solidaires d’Auvergne Rhône-Alpes.

Le RSA cumulable sous condition

En matière d’insertion, la métropole est compétente pour tout ce qui concerne le versement du RSA. Elle s’est engagée à maintenir les droits des bénéficiaires, bien sûr, mais surtout à suspendre les procédures de réduction ou de suspension de l’allocation qui étaient en cours. « Près de 40.000 bénéficiaires du RSA pourront conserver ce revenu de subsistance pendant la période de confinement a minima », assure la communauté urbaine. Depuis le début de la crise sanitaire, ces bénéficiaires ont par ailleurs la possibilité de cumuler le RSA et les revenus d’une activité professionnelle. Sont concernés ceux qui ont travaillé ou travaillent, dans le cadre de la création de la plateforme « Urgence emplois Covid », dans la production alimentaire locale, la distribution alimentaire, le transport et la logistique, la santé et tous les métiers des services à la personne.