Coronavirus: Emmanuel Macron s'entretient ce jeudi avec les maires, au sujet du déconfinement

REPRISE Le président de la République doit s’entretenir ce jeudi, par visioconférence, avec des maires et leurs associations représentantes. Au menu : les modalités du déconfinement, en particulier la réouverture des crèches et écoles

20 Minutes avec AFP

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Le président de la République Emmanuel Macron, ici le 22 avril lors de sa visite d'un producteur de tomates à Cléder, dans le Finistère. Ici avec Marc Keranguéven.
Le président de la République Emmanuel Macron, ici le 22 avril lors de sa visite d'un producteur de tomates à Cléder, dans le Finistère. Ici avec Marc Keranguéven. — S. Mahé / AFP

Confronté à l'incertitude sur l'évolution de l'épidémie de coronavirus, l'exécutif multiplie les consultations en vue du déconfinement dont la mise en oeuvre compliquée, notamment pour les écoles, préoccupe les élus locaux avec lesquels Emmanuel Macron s'entretient jeudi.

«La gestion de la crise va être de plus en plus déconcentrée et les maires seront notamment à la manoeuvre», explique l'Elysée.

Les échanges du chef de l'Etat, par visioconférence, avec des maires et les représentants de leurs associations dont l'AMF (Association des maires de France), devraient porter sur les modalités du déconfinement, prévu pour commencer dans moins de trois semaines, le 11 mai, et la réouverture des établissements scolaires. Le second tour des élections municipales devrait aussi figurer au menu.

Les maires inquiets sur la reprise de l’école

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a déjà détaillé mardi ses pistes en vue d'une reprise progressive de l'école. Ce retour, attendu avec impatience par nombre de parents depuis le début du confinement mi-mars, sera étalé sur trois semaines par niveaux de classe, avec des groupes de 15 élèves au maximum.

Mais de nombreux élus locaux affichent leurs inquiétudes, les communes ayant la charge des écoles primaires. «Il s'agit d'un enjeu sanitaire considérable, dont le bon déroulement repose pour une part importante sur les maires», souligne l'AMF, en souhaitant une concertation avec le ministère de l'Education.

Les questions liées «au port de masques ou de désinfection des locaux» doivent être traitées en priorité, prévient l'association, qui réunit la quasi-totalité des maires.

L’Assemblée de Corse très hostile à la réouverture le 11 mai

L'ouverture des crèches et des écoles le 11 mai représenterait «un risque inacceptable pour les Corses», a estimé pour sa part mercredi soir le président de l'Assemblée de Corse, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, après une réunion en visio-conférence avec le Premier ministre. «En ce qui nous concerne, les tests et les masques constituent deux conditions sine qua non à une sortie sécurisée du confinement», a-t-il plaid dans un communiqué.

Sur ce sujet très sensible, l'Académie de médecine a plaidé pour que le port d'un masque anti-projections soit dès maintenant «obligatoire dans l'espace public».

En Nouvelle-Calédonie, une partie des élèves a repris les cours, avec effectifs réduits, règles d'hygiène et consignes de distanciation. Au lycée Lapérouse de Nouméa, certains professeurs portent des masques «mais il faut qu'ils articulent bien sinon on ne comprend pas», s'amuse Swell, élève en terminale S.

Une première mouture remis à Matignon sur le plan de déconfinement

Le président Emmanuel Macron a livré mercredi, lors d'un déplacement en Bretagne pour saluer la filière alimentaire, quelques indices sur le futur plan de déconfinement en évoquant des mesures différentes «selon les secteurs d'activité ou selon les régions».

Les ministres concernés ont remis mercredi à Matignon une première mouture de leurs plans sectoriels, qui seront intégrés d'ici la fin du mois dans un projet global aux allures de casse-tête.

Aucune indication précise à ce stade. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a même refusé de commenter des informations de presse sur une réouverture possible des restaurants, cafés et bars le 15 juin ou le maintien dans un premier temps de la limitation des déplacements interrégionaux.

Un contexte sanitaire toujours aussi incertain

Plus globalement, le contexte sanitaire reste toujours aussi incertain, alors que le nouveau coronavirus n'est pas près d'être vaincu, a averti mercredi l'Organisation mondiale de la Santé. Le bilan reste élevé avec 21.340 morts en France, 544 de plus en 24 heures, même si le nombre de patients en réanimation baisse depuis deux semaines. Et trois premiers décès du nouveau coronavirus ont été enregistrés dans le Cantal, un département jusqu'à présent épargné.

Il s'agit toujours «d'une épidémie massive, sévère», a rappelé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, qui sera auditionné jeudi par la mission Covid-19 de l'Assemblée nationale.

Et, selon des estimations de l'Institut Pasteur, seuls 6% des Français auront été infectés par le coronavirus le 11 mai. Bien trop peu, selon les spécialistes, pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après cette date.