Coronavirus : Non, les bars, restaurants et hôtels ne sont pas déjà en train de mettre la clé sous la porte

FAKE OFF Si le secteur est très inquiet, le nombre de cessions d’activité est, pour l’instant, équivalent à celui de l’an passé à la même époque

Francois Launay

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Illustration d'un bar fermé à Paris
Illustration d'un bar fermé à Paris — SEVGI/SIPA
  • Fermés depuis le 15 mars, les hôtels, bars et restaurants craignent pour leur avenir.
  • Sur les réseaux sociaux, on affirme que plus de 16.000 restaurants seraient déjà en vente sur le site de Pôle Emploi.
  • Un chiffre qui est sensiblement le même que l’an passé car les conséquences de l’épidémie ne se font pas encore sentir dans le secteur.

Ce sont les grands perdants de la pandémie de coronavirus. Les hôtels (à 92 %), bars et restaurants sont tous fermés depuis le 15 mars 2020 et ne sont pas près de rouvrir. Si le 11 mai 2020, date du début de déconfinement, de nombreuses entreprises vont redémarrer, il n’en sera rien pour le secteur de l’hôtellerie-restauration. Pour l’heure aucune date n’est encore fixée pour la réouverture de ces lieux qui accueillent du public. Mais beaucoup redoutent déjà un désastre économique dans le secteur. Et pour certains, il serait même déjà perceptible.

Sur les réseaux sociaux, un tweet, qui renvoie vers le site de Pôle Emploi, annonce que les cessions de restaurants sont déjà en train d’exploser. En allant sur le site, on trouve plus de 16.500 annonces de vente de restaurants, snacks ou encore crêperies à vendre au 21 avril 2020. « Un vrai site d’immobilier en ligne », ironise Tropical Boy, le compte Twitter qui relaie cette information. Une façon de dire que de nombreux commerçants sont déjà en train de mettre la clé sous la porte à cause du coronavirus.

FAKE OFF

​Contacté sur le sujet, Pôle Emploi affirme que « vérification faite, si on se limite aux reprises d’entreprises, 10 473 offres (pour restaurateur-restauratrice) sont disponibles sur notre site ». Un chiffre qui n’a rien d’exceptionnel. « C’est un niveau qui est quasiment le même par rapport à l’année dernière au même mois », poursuit le site.

Même son de cloche du côté des sites spécialisés dans la reprise d’entreprise. En lien avec toutes les chambres de commerce de France et les chambres de métier, le site Transentreprise centralise toutes les annonces de cession d’activité. Et aucune hausse particulière n’a été, pour l’instant, constatée du côté des bars, hôtels et restaurants.

« Actuellement, Il n’y a pas plus de cessions que d’habitude dans ce secteur-là. Je sais que beaucoup de gens se posent des questions sur les aides, sur la suite mais aussi sur la transmission d’entreprises. Mais entre les questions qui se posent et ce qui va vraiment arriver, on n’a pas encore de vision. Généralement, un projet de cession ne se décide pas du jour au lendemain, ça se réfléchit. C’est un petit peu tôt aujourd’hui mais ça pourrait évoluer dans les mois qui viennent », reconnaît-on chez Transentreprise.

Si l’inquiétude du secteur est bien réelle au vu du contexte économique, les conséquences de ces fermetures longue durée ne se font pas encore ressentir. Même si un tsunami est redouté dans le milieu, il n’a pas encore déferlé sur l’hexagone.

Pour éviter le pire, l’Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie (UMIH) travaille de concert avec le gouvernement pour une réouverture des bars, hôtels et restaurants «le plus tôt possible à condition de prendre toutes les précautions sanitaires nécessaires» reconnaît l'organisation patronale. Une chose est sûre : tout sera fait pour rouvrir pendant la saison estivale. Sinon, près de la moitié des établissements pourraient mettre la clé sous la porte à la rentrée. Le compte à rebours est lancé.