Coronavirus : Peut-on récupérer un chiot ou un chaton réservé dans un élevage ?

ECLAIRAGE Pas facile de s’y retrouver dans le flux d’informations qui tombent sur le nouveau coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart

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Pendant le confinement, les particuliers n'ont pas le droit d'aller récupérer le chiot ou le chaton qu'ils ont acheté en élevage (photo d'illustration).
Pendant le confinement, les particuliers n'ont pas le droit d'aller récupérer le chiot ou le chaton qu'ils ont acheté en élevage (photo d'illustration). — Gaelle Girbes

La nouvelle a été saluée par les défenseurs des animaux : depuis jeudi 16 avril, et malgré le confinement imposé pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, il est possible de se rendre dans un refuge pour adopter un chat ou un chien. En respectant les gestes barrières et en ayant bien conscience que l’accueil d’un animal ne peut être une « occupation » le temps du confinement qui se soldera par un abandon lorsque la vie « reprendra son cours normal ». Le but de la dérogation : éviter la saturation des refuges et le recours à l'euthanasie pour des milliers d’animaux.

Cela étant dit, qu’en est-il des animaux, chiots et chatons, achetés et réservés dans des élevages, s’interrogent de nombreux lecteurs de 20 Minutes ?

« Eleveuse professionnelle de chats, j’ai des chatons de race retenus et livrables depuis le 20 avril, m’est-il possible de livrer ces chatons (avec mon Siren) et les protections maximales ? » Postel

« Je suis éleveur canin dans les Côtes-d’Armor. Des personnes m’ont réservé un chiot. Puis-je faire les explications par téléphone pour éviter au maximum le contact et le leur livrer ? » Le Gall

« Puis-je aller chercher mon chiot qui est retenu dans un élevage ?
L’éleveur étant débordé, il me demande de venir chercher expressément mon chien. » Cécile

« J’ai acheté un chiot chez un éleveur, puis-je le récupérer chez l’éleveur ? » Jessica

« J’ai acheté un chiot à 400 km, je dois aller le récupérer, comment faire ? » Juju

« Ayant adopté un chiot (2 mois) chez un particulier et devant le récupérer pendant le confinement, puis-je quand même le récupérer ? » Massard

Voici les réponses que nous avons trouvées :

Un report de l’achat conseillé. Un petit message de prévention, tout d’abord, délivré par les associations de protection animale comme par les assureurs santé pour chiens, chats et NAC. Parmi ces derniers, SantéVet, qui recommande sur son site, dans la mesure du possible, durant le confinement, d’acheter un chat, « davantage destiné à vivre à l’intérieur ».

Un chien est en effet « plus problématique », car, souligne l’assureur, « il a besoin, pour une bonne socialisation, d’être petit à petit habitué au monde extérieur, à être confronté à de nouvelles ambiances, de nouveaux bruits, à rencontrer d’autres animaux domestiques, d’autres personnes que ses maîtres ».

Contactée par 20 Minutes, Anne-Marie Le Roueil, présidente du Syndicat national des professions du chat et du chien (SNPCC), qui représente une dizaine de professions (toiletteurs, promeneurs, mushers, dresseurs….), sauf les animaleries et les vétérinaires, nuance toutefois : « Les chiens adultes peuvent mal vivre le confinement, mais, en règle générale, un animal, lorsqu’il est très jeune, est gardé en continu par ses propriétaires. Il n’y a pas de risque qu’il se retrouve seul longtemps. »

Les éleveurs professionnels peuvent se déplacer. Quoi qu’il en soit, et pour répondre aux questions de nos internautes, Anne-Marie Le Roueil précise ceci : « Dans notre secteur, il y a des éleveurs professionnels, donc détenteurs d’un numéro de Siret, ce sont donc des entreprises, qui ont une activité économique. Et il y a des éleveurs dérogataires, considérés comme éleveurs par le Code rural, parce qu’ils font naître une portée et vendent au moins un chiot ou un chaton, mais qui n’ont pas d’activité économique. »

Ainsi, les éleveurs professionnels ont le droit de livrer des chiots et des chatons, car cela entre dans le cadre de leur activité professionnelle. Pour cela, « ils doivent se munir de leur attestation dérogatoire de déplacement [la case déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle cochée], d’un justificatif professionnel [un avis de situation au répertoire par Siren-Siret] et de leur registre de transport, qui permet de savoir d’où vient l’animal et où il va être confié », complète la présidente du SNPCC. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) précise les documents (attestation de cession, carte d’identification, etc.) à fournir à cette adresse.

Pas encore les clients. Les clients qui souhaitent aller chercher leur chiot ou leur chien, eux, doivent encore attendre. Le SNPCC a bon espoir qu’ils soient en droit de la faire prochainement, en tout cas avant la fin du confinement. Dans cette optique, annonce la présidente, « nous avons déposé le 13 avril un dossier auprès de la Direction générale des entreprises [DGE], qui doit être instruit par la cellule de crise du ministère du Travail et de la Santé. On attend une réponse de principe au moins pour cette semaine. »

Gestes barrières. « Nous, on pourrait reprendre totalement nos métiers de manière assez simple, insiste Anne-Marie Le Roueil. Par exemple, un client veut récupérer un chiot, on lui aura tout expliqué avant, il restera dans sa voiture, il n’y a pas de raison qu’il y ait de contact entre les humains. »

Une profession aux abois. Le syndicat a réalisé une enquête, pas encore finalisée, auprès de ses professionnels, pour la plupart des TPE, et selon laquelle « 70 % environ n’ont pas de quoi aller jusqu’à la fin du mois », indique Anne-Marie Le Roueil. Mais on a un autre souci, c’est que l’on est obligés d’avoir des salariés pour s’occuper des animaux, les soigner, les nourrir, les sortir… Donc, pour eux, le chômage partiel n’est pas possible. Or, il n’y a pas d’entrées d’argent. »

Autre inquiétude, qui concerne les animaux eux-mêmes : « Pendant le confinement, les chiots grandissent, et l’on n’est pas en mesure de faire le travail de familiarisation pour une bonne intégration dans la cellule familiale. C’est un travail très important, appuie Anne-Marie Le Roueil. D’ordinaire, on peut remettre un chiot à huit semaines. Ce n’est pas grave si on attend deux semaines supplémentaires. Mais, là, on va être à beaucoup plus. »

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Des questions qui doivent, nous vous en serons reconnaissants, concerner un autre sujet que celui abordé dans l’article ci-dessus. N’hésitez pas à vérifier que votre question n’a pas déjà été traitée sur notre site. Pour le savoir, allez dans la barre de recherche située tout en haut de notre page d’accueil. Dans tous les cas, n’oubliez pas de laisser votre e-mail dans votre message. Merci par avance (et prenez soin de vous) !