Coronavirus : Qu’est-il prévu pour les étudiants ultramarins qui veulent rentrer chez eux ?

ECLAIRAGE Pas facile de s’y retrouver dans le flux d’informations qui tombent sur le nouveau coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart
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L'aéroport Roland-Garros à Saint-Denis de La Réunion.
L'aéroport Roland-Garros à Saint-Denis de La Réunion. — Richard Bouhet

Double peine pour les étudiants ultramarins. Il y a une semaine, lundi 13 avril, dans sa quatrième adresse à la nation depuis le début de la crise engendrée par l’épidémie du nouveau coronavirus, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a annoncé, entre autres, que « les cours ne reprendr [aient] pas physiquement à l’université jusqu’à l’été ». De quoi interpeller, si ce n’est angoisser davantage ces étudiants : certains se sont installés en métropole il y a quelques mois seulement, et n’ont peut-être pas eu le temps de se créer un réseau d’amis. Ils se retrouvent donc confinés, parfois dans des résidences universitaires désertées.


Il leur a été de plus demandé « un effort particulier », comme le soulignera deux jours plus tard la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. En l’occurrence, celui de « ne pas rentrer dans leurs familles pour éviter la propagation de la maladie dans ces territoires », situés à des milliers de kilomètres. Or, même s’ils l’avaient voulu, ils n’auraient pas pu le faire étant donné que les liaisons aériennes entre la métropole et les outre-mer ont été suspendues dès le 23 mars.

On peut comprendre que la perspective de rester bloquer en métropole jusqu’à la reprise des cours, en septembre, sans possibilité de rentrer chez eux entre-temps, ne les rassure en rien, comme témoigne cette lectrice de 20 Minutes : « J’aimerais savoir pourquoi les étudiants d’Outre-mer, notamment, ne peuvent-ils pas retourner chez eux près de leurs familles sachant que les étudiants des universités ne reprendront qu’en septembre. Surtout ceux qui sont complètement isolés, comme moi. » Mélissa

Voici les réponses que nous pouvons apporter :

Mercredi, Sibeth Ndiaye avait ajouté que l’effort fourni par les étudiants ultramarins serait « pris en compte par le gouvernement » et que «la ministre des Outre-Mer [Annick Girardin], avec le Premier ministre aura [it] l’occasion de faire un certain nombre de propositions dans les jours à venir pour les aider et organiser leur retour dans leurs foyers originels ».

Recensement. De fait, dimanche a été publié au Journal officiel un arrêté en ce sens. Il porte sur « la création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel afin d’évaluer et d’organiser les besoins en termes de quarantaine des étudiants ultramarins en mobilité dans l’Hexagone dans la perspective de leur retour sur leur territoire ». Il s’agit d' un recensement, à retrouver ici, rubrique questionnaire aux étudiants, et qui, retenez-le bien, reste ouvert jusqu’au 2 mai.

Pour en savoir plus, nous avons contacté Maël Disa-Vingataramin, tout jeune délégué interministériel pour l’Egalité des chances des Français d’Outre-mer et pour la Visibilité des outre-mer (il a été nommé fin janvier).


Concrètement, « il ne s’agit pas d’un appel au départ, clarifie-t-il. Ce recensement est mis en place pour ceux qui, dans tous les cas, comptaient rentrer. » D’ailleurs, ajoute-t-il, « chaque année, sur les 40.000 étudiants ultramarins, plus de la moitié reste en métropole l’été ». Pour effectuer un stage, un job d’été, ou encore voyager.

Depuis la mise en place du recensement, 1.526 personnes se sont fait connaître (mardi à 11 heures). Comment s’effectuera leur retour ? « Je n’ai pas de piste précise pour l’organisation du retour et le placement en quarantaine », admet Maël Disa-Vingataramin. Tout dépendra de l’échelle, car « ce n’est pas la même chose d’organiser le retour de 1.000 et celui de 10.000 personnes », mais aussi « des dates », souligne celui pour qui « la réussite éducative est une priorité. Certains étudiants auront des examens présentiels [où leur présence physique est obligatoire], qui se dérouleront peut-être fin mai ou fin juin. Ceux-là ne seront donc pas disponibles tout de suite. On aura donc différentes vagues de départ. On ne va pas faire de scénario à l’aveugle. »


Plateforme solidaire. En attendant, pour venir en aide aux étudiants ultramarins, la Délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer et la visibilité des outre-mer (DIECVI) a accéléré la mise en œuvre et le lancement (le 3 avril) d’une plateforme numérique intitulée outremersolidaires.gouv.fr. « Elle répond à un besoin identifié depuis longtemps, et qui est de mieux mettre en relation le réseau associatif et les étudiants ultramarins établis en métropole, explique le délégué interministériel. Chaque année, il y a à peu près 8.000 primo-arrivants, qui ont besoin de temps pour s’installer, de prendre leurs marques. ll y avait donc d’un côté ce réseau associatif très actif dans le milieu sportif ou culturel et, de l’autre, ces étudiants un peu isolés, dont les difficultés se sont accrues avec la crise du Covid-19. »

Depuis son lancement, 15.000 personnes se sont déjà rendues sur cette plateforme, indique Maël Disa-Vingataramin. Il en ressort quatre grands besoins, précise-t-il : « L’aide alimentaire, les restaurants universitaires étant fermés ; l’aide psychologique, du fait de l’isolement ; l’aide au tutorat, pour éviter le décrochage ; l’aide administrative, où l’obtenir, via les Crous, les ministères, etc. » Des besoins qui, à l’image de la crise sanitaire, évolueront eux aussi.

Appel à projets. Enfin, sachez que, pour renforcement l’accompagnement aux étudiants ultramarins, le ministère a lancé un appel à manifestation d'intérêt (AMI) auprès du tissu associatif. Il est possible de s’inscrire par mél, jusqu’au vendredi 24 avril seulement, à cette adresse : appel-a-projet@outre-mer.gouv.fr.

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Des questions qui doivent, nous vous en serons reconnaissants, concerner un autre sujet que celui abordé dans l’article ci-dessus. N’hésitez pas à vérifier que votre question n’a pas déjà été traitée sur notre site. Pour le savoir, allez dans la barre de recherche située tout en haut de notre page d’accueil. Dans tous les cas, n’oubliez pas de laisser votre e-mail dans votre message. Merci par avance (et prenez soin de vous) !