Coronavirus : Des associations dénoncent la dérive des épandages de pesticides pendant le confinement

ALERTE Elles interpellent sur « la situation particulièrement pénible actuellement vécue par de nombreuses personnes confinées à leur domicile […] et qui doivent subir les dérives » de ces substances « pulvérisées à très faible distance de leurs domiciles »

20 Minutes avec agences

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Un tracteur répandant des pesticides
Un tracteur répandant des pesticides — DENIS CHARLET / AFP

Pas d’épandage agricole à proximité d’habitations ni de lancement de consultations publiques pour les chartes « pesticides » entre agriculteurs et habitants en plein confinement : un collectif d’associations a demandé ce jeudi de « protéger les riverains ». Ces ONG, menées par Générations futures, veulent que « les préfets interdisent les pulvérisations de pesticides près des habitations et que soient reportées sine die les consultations publiques autour des chartes 'pesticides' ».

Le gouvernement a fixé des distances d’épandage. Cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales, dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes, 20 mètres pour les produits « les plus dangereux », qui représentent environ 0,3 % des substances actives utilisées, avec des dérogations possibles. Des chartes dites « de bon voisinage » doivent être adoptées localement.

« La période n’est pas propice à une consultation sereine »

Des associations et des riverains attirent l’attention sur « la situation particulièrement pénible actuellement vécue par de nombreuses personnes confinées à leur domicile […] et qui doivent subir les dérives de pesticides pulvérisés à très faible distance de leurs domiciles », fait valoir Générations futures. De plus, des chartes « sont proposées actuellement à la consultation du public dans certains départements » en plein confinement, rendant compliqué « la possibilité pour la société civile de participer réellement à ces consultations publiques », dénonce l’association.

Elle a comptabilisé au moins 13 départements où les consultations vont se terminer fin avril ou fin mai. « La période n’est pas propice à une consultation sereine et réellement démocratique des diverses parties prenantes », fait valoir Générations futures, qui a lancé un site pour interpeller les préfets et demander un report de ces consultations. « La période actuelle commande que les questions de santé publique deviennent de réelles priorités et que des mesures fortes soient prises en matière d’utilisation de pesticides », demande l’association.