Coronavirus à Bordeaux : Le CHU lance le premier essai clinique en ambulatoire en France

SANTE Toute personne de plus de 65 ans peut suivre à domicile ou en Ehpad l’un des quatre traitements testés par l’étude Coverage depuis ce mercredi

Clément Carpentier

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Les équipes de l'étude Coverage se sont installées dans un gymnase à Bordeaux.
Les équipes de l'étude Coverage se sont installées dans un gymnase à Bordeaux. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • C’est une première en France. Le CHU de Bordeaux lance un essai clinique en ambulatoire.
  • Sur la base du volontariat, toutes les personnes âgées de plus de 65 ans et atteintes par le Covid-19 peuvent suivre l’un des quatre traitements testés par le CHU.
  • Les patients seront suivis physiquement ou à distance par leur médecin traitant et par l’équipe de l’étude Coverage.

D’habitude, les sportifs s’y retrouvent pour s’affronter ou encore les supporters de l’Union Bordeaux-Bègles pour débriefer le match de leur équipe préférée. Mais ça, c’était avant l’épidémie de coronavirus Covid-19. Aujourd’hui, le gymnase Albert Thomas, annexe du stade Chaban-Delmas, ressemble avant tout à un mini-hôpital. On y retrouve des médecins, des internes, des externes, des pharmaciens, des infirmières, du personnel administratif… Tous participent à une étude unique en France et même « au monde » selon Yann Bubien, le directeur du CHU de Bordeaux.

Pour la première fois, un essai clinique en ambulatoire vient d’être lancé dans la lutte contre la pandémie. « L’objectif est de traiter le plus tôt possible la maladie pour éviter toute dégradation et de maintenir les patients en ambulatoire. On va tester quatre traitements dont trois inédits sur près de 1.000 personnes. L’étude se poursuivra tant que l’épidémie sera là et qu’on n’aura pas trouvé un médicament efficace. Ici, ce sera notre base », explique le professeur Denis Malvy, membre du conseil scientifique.

Une étude basée sur le volontariat

Deux critères de départ pour participer à celle-ci : être positif au Covid-19 et avoir plus de 65 ans. « Ce sont les personnes les plus fragiles donc on doit s’occuper d’elles en priorité », rappelle un médecin. L’essai clinique est basé sur le volontariat et ce sont les professionnels de santé qui redirigeront leurs patients vers les équipes de l’étude. Elles iront à la rencontre des malades qui souhaitent suivre un traitement. Des traitements qui se feront uniquement par voie orale. Aucun patient ne sera accueilli sur le site du stade Chaban-Delmas.

A l’occasion de leur première visite, les membres de l’étude Coverage choisiront le traitement le mieux adapté pour le malade et lui remettront un kit de surveillance avec tensiomètre ou encore un électrocardiographe. « Cette personne sera suivie de très près avec trois visites dans les dix premiers jours. Soit de son médecin traitant, soit de nous-mêmes. Il y aura aussi régulièrement des appels téléphoniques et il devra si possible utiliser la plateforme Rafaël mise en place par le CHU ou nous envoyer des informations par mail ou téléphone sur son état de santé », précise Alexandre Duvignaud, infectiologue.

Traiter la maladie le plus rapidement possible

Parmi les quatre traitements, il y aura un antihypertenseur, un antiviral et aussi la désormais fameuse hydroxychloroquine. Pour le coup, le professeur Raoult risque d’être satisfait puisqu’elle sera utilisée de façon très précoce, la mise en place des traitements du CHU de Bordeaux doit se faire au plus tard trois jours après le test positif au Covid-19. Et quand pourra-t-on espérer des premiers enseignements ? « Ça reste extrêmement difficile à dire. On ne va pas commencer à fixer de dates comme avec l’étude Discovery. Mais il faudra de toute manière attendre au moins un mois » selon Alexandre Duvignaud.

En attendant, l’essai clinique girondin en ambulatoire pourrait très rapidement faire des petits sur le territoire national. Des hôpitaux du nord et de l’est de la France se sont déjà rapprochés du CHU de Bordeaux pour mettre en place le même dispositif et participer à l’étude Coverage.