Gare à la photo hors contexte qui prétend montrer la reprise de l’école en Chine

FAKE OFF Une photo montrant des enfants portant des masques et séparés par des cloisons individuelles dans une salle de classe prétend (à tort) montrer la reprise de l’école en Chine

Alexis Orsini
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Un boulier. (illustration).
Un boulier. (illustration). — Pixabay
  • Sur Facebook, un cliché pris dans une salle de classe prétend montrer la reprise scolaire des enfants chinois, après la récente levée du confinement.
  • On y voit des élèves au visage protégé par un masque et au pupitre entouré de cloisons individuelles.
  • Si cet équipement sert bien à éviter la propagation du coronavirus, le cliché est sorti de son contexte puisqu'il a été pris à Taïwan, début mars.

Faut-il y voir un aperçu de ce qui attend les écoliers français à leur retour à l’école, prévu (de manière progressive) à partir du 11 mai et du déconfinement en France ?

Assis à leur pupitre, des enfants aux visages protégés par un masque, lèvent la main face à leur institutrice, également équipée de cette protection. Mais ce qui frappe avant tout, ce sont les formes cubiques jaunes installées sur chaque table, pour mieux séparer chaque élève de son voisin.


« Reprise de l’école en Chine… », indique simplement la légende accompagnant cette photo partagée plus de 4.000 fois sur Facebook.

Or, si la Chine a bien levé ses mesures de confinement liées au coronavirus récemment, et que ces installations visent bien à éviter la propagation de la maladie, le cliché est sorti de son contexte puisqu’il a été pris à Taïwan, début mars.



FAKE OFF

Une simple recherche inversée d’image permet en effet de retrouver le même cliché en une d'un article de La Croix du 6 mars et intitulé « Taïwan gère le coronavirus de façon exemplaire ».

Le quotidien y explique comment, à ce stade de l’épidémie, la petite île de 23 millions d’habitants et aux nombreux échanges avec la Chine - distante d’une centaine de kilomètres - pouvait se targuer de compter seulement 44 contaminations (pour un seul décès) alors que les morts en Chine se comptaient déjà en milliers. Et la stratégie taïwanaise porte ses fruits sur le long terme puisque l’île comptait encore moins de 400 cas et seulement six morts en avril, grâce notamment aux leçons tirées de l’épidémie de Sras de 2003.

Des cloisons de protection

Les crédits de la photo d’illustration, prise par le photographe David Chang, permettent de la retrouver dans la banque d'images de l’agence EPA. Et sa légende y indique clairement dans quel contexte elle a été prise : « Des élèves assis entre des cloisons participent à un cours de l’institutrice Chen Ting-Fang à l’école élémentaire Dajia de Taipei, à Taïwan, le 3 mars 2020. L’établissement a fabriqué les cloisons, à base de carton ondulé, pour éviter l’infection au Covid-19 par la salive quand les élèves parlent, toussent, éternuent, ou déjeunent dans la salle. »

En France, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, rappelait récemment que « toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai » et que le respect des gestes barrière sera de rigueur au sein des petits groupes d’élèves. Qui pourraient bien porter des masques, Jean-Michel Blanquer ayant indiqué que c’était « fort possible » mais que cette question faisait « partie des choses qu’on va décider au cours des deux prochaines semaines ».