Coronavirus : Près de 18 millions de personnes devraient rester confinées après le 11 mai

CONFINEMENT SI le déconfinement doit débuter progressivement le 11 mai, certaines personnes, considérées comme à risque, vont devoir rester chez elles un peu plus longtemps

20 Minutes avec AFP

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Deux personnes âgées dans la rue (image d'illustration).
Deux personnes âgées dans la rue (image d'illustration). — GERARD JULIEN / AFP

Même après l’allégement du confinement prévu le 11 mai, 18 millions de personnes, considérées comme à risque, devront rester confinées, a averti le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, mercredi.

Pour ces 18 millions de personnes, qui risquent « de développer une forme grave, on continuera le confinement », a-t-il déclaré, devant la commission des lois du Sénat. « Pour combien de temps, je ne sais pas. En attendant peut-être un médicament préventif », a-t-il ajouté.

La question de l’âge des « seniors »

Selon lui, ces 18 millions de personnes sont les personnes « d’un certain âge, dont je suis, au-dessus de 65 ou de 70 ans », les personnes ayant des affections de longue durée, ainsi que « des sujets jeunes ayant une pathologie, mais aussi obèses ».

Pour le reste de la population, le déconfinement annoncé par Emmanuel Macron pour le 11 mai ne pourra se faire que si un certain nombre de conditions sont réunies, a-t-il estimé. « Je suis extrêmement clair : si on n’a pas les prérequis il faut rester confinés » et « s’il faut retarder de quelques jours parce qu’on n’est pas prêt, il faudra retarder de quelques jours », a insisté le Pr Delfraissy.

Des prérequis obligatoires

Parmi ces « prérequis opérationnels et techniques », il a mis notamment en avant la disponibilité d’un nombre de tests de dépistage du virus suffisant et la mise en place d’un système de traçage des contacts des nouveaux cas identifiés.

Malgré le ralentissement de l’épidémie attendu, les estimations tablent sur « 10.000 ou 15.000 nouvelles contaminations » par jour à partir de la mi mai ou de la fin mai, a-t-il noté. Pour suivre les contacts de ces cas, il a mis en avant le déploiement d’un outil numérique sur smartphone, en projet.

L’application de traçage ne va pas tout régler

Mais si « le fantasme de la Corée (du Sud) pourrait suggérer qu’avec le numérique on va tout régler, la réponse est non », a-t-il insisté, notant qu’en plus d’une application numérique, Séoul avait utilisé une « brigade de 20.000 personnes » pour la prise en charge des nouveaux contaminés et le traçage des cas contacts.

Dans les prérequis pour le déconfinemenent, il faudra également « une véritable stratégie claire annoncée à nos concitoyens », notamment sur des aspects très pratiques comme ce qu’on fait des nouveaux cas positifs (doivent-ils être isolés en famille ou dans des chambres d’hôtels dédiées…).