VIDEO. Coronavirus : Plus d’un tiers des marins du porte-avions Charles de Gaulle positifs au Covid-19

ARMEE A ce stade, 668 marins sont positifs et 31 ont été hospitalisés, dont un en réanimation

20 Minutes avec AFP

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La désinfection du Charles de Gaulle durera au moins une semaine.
La désinfection du Charles de Gaulle durera au moins une semaine. — Marine Nationale
  • Après avoir signalé 50 contaminations, le ministère des Armées a indiqué que 668 marins étaient positifs au Covid-19.
  • L'origine de la contamination n'a pas été déterminée mais semble remonter à une escale à Brest mi-mars.
  • Les marins critiquent la gestion de la crise et accusent l'armée d'avoir «joué avec [leurs] vies».

Des contaminations et beaucoup de questions. Plus d’un tiers des marins du porte-avions français Charles de Gaulle ont été testés positifs au coronavirus depuis son retour anticipé en France dimanche, selon un bilan provisoire publié mercredi qui devrait augmenter. Et si le ministère des Armées défend sa gestion, les critiques montent chez les marins, notamment après une escale à Brest il y a un mois puis sur les consignes à bord après la découverte des premières contaminations.

« En date du 14 avril au soir, 1.767 marins du groupe aéronaval ont été testés. La grande majorité de ces tests concerne à ce stade des marins du porte-avions. 668 se sont révélés positifs », indique le ministère des Armées dans un communiqué. Parmi eux, « 31 sont aujourd’hui hospitalisés à l’hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne de Toulon (sud), dont un en réanimation », est-il précisé.

Ce bilan temporaire est amené à gonfler encore car « 30 % de ces tests n’ont pas encore livré leurs résultats » et « la campagne de tests est encore en cours », selon le ministère. Le Charles de Gaulle est le second porte-avions contaminé officiellement dans le monde, après le porte-avions américain USS Theodore Roosevelt, dans le Pacifique.

Les marins placés en isolement

Le bâtiment nucléaire français (1.750 marins) et la frégate de défense aérienne qui l’accompagnait (200 marins) ont rejoint le port de Toulon dimanche avec deux semaines d’avance, après la découverte initiale d’une cinquantaine de cas de coronavirus. Les marins ont été placés en isolement sanitaire pendant 14 jours avant de pouvoir regagner leur foyer.

En parallèle, « les opérations de désinfection des aéronefs et des bâtiments de surface ont débuté », menées par les armées en lien avec des industriels, souligne le ministère. La ministre Florence Parly « adresse un message de soutien aux marins confinés et à leurs familles et remercie tous les élus locaux pour leur implication ».

L’origine de la contamination du porte-avions n’est pas encore connue. L’équipage n’avait pas été en contact avec un élément extérieur depuis une escale à Brest, dans l’ouest de la France, du 13 au 15 mars. Les marins avaient pu descendre à terre, mais en respectant les gestes barrières et l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes en vigueur à l’époque. Selon le témoignage d’un marin recueilli par Médiapart, « certains sont sortis non pas pour voir leurs proches, mais pour aller en boîte ou dans des bars ». Parallèlement, une relève d’une cinquantaine de personnes a embarqué lors de cette escale, de source proche du dossier. Médiapart affirme avoir identifié deux cas de marins présentant des symptômes sans être confinés.

« Enquête de commandement »

France Bleu a pour sa part publié le témoignage d’un membre d’équipage, père de famille, testé positif. « L’armée a joué avec notre santé, notre vie », a-t-il estimé, en assurant que le commandant du porte-avions aurait proposé d’interrompre la mission à Brest, quand plusieurs marins présentaient selon lui déjà les symptômes du coronavirus. Toujours d’après ce marin anonyme, cette proposition aurait été refusée par le ministère.

L’armée avait indiqué la semaine dernière qu’aucune « erreur d’appréciation » n’avait été constatée. Le chef d’état-major de la Marine française, l’amiral Christophe Prazuck, a désormais « ordonné une enquête de commandement afin de tirer tous les enseignements de la gestion de l’épidémie au sein du groupe aéronaval », selon le ministère.

Le groupe aéronaval français était en mission depuis le 21 janvier et avait passé plusieurs semaines en Méditerranée dans le cadre de l’opération Chammal, volet français de l’opération internationale antidjihadistes Inherent Resolve en Irak et en Syrie. Il a croisé ensuite en mer du Nord et dans l’Atlantique pour des opérations de sécurisation et de défense des approches maritimes européennes.