Coronavirus en Alsace : Les hôpitaux ne relâchent pas leur effort

VIGILANCE Le nombre de cas en réanimation continue de baisser légèrement, desserrant la pression sur les hôpitaux. Mais de nouveaux pics d’épidémie ne sont pas exclus

Charles Montmasson
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Après avoir été saturé en mars, l'hôpital de Colmar a de nouveau des places en réanimation (archives).
Après avoir été saturé en mars, l'hôpital de Colmar a de nouveau des places en réanimation (archives). — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • Critique pour les hôpitaux, le nombre de patients atteints du Covid-19 dans les services de réanimation alsaciens a baissé.
  • Pour autant, le nombre total d’hospitalisations dues à l’épidémie continue d’augmenter.
  • A l’hôpital de Mulhouse, un appel aux soignants a été lancé pour soulager les effectifs.

Le médecin y voit un signe d’espoir : « Pendant le week-end de Pâques, on a sorti nos premiers malades guéris, après trois semaines de réanimation, se félicite le docteur Jean-François Cerfon, chef de l’une des unités de réanimation à l’hôpital de Colmar, dans le Haut-Rhin. Ils faisaient partie des cas les plus lourds, puisque les mieux portants partaient, par train ou par avion, dans le sud-ouest de la France ou en Allemagne. C’était un moment de bonheur pour l’équipe, et de très attendu. »

Dans le Haut-Rhin, le nombre de malades en réanimation à cause du coronavirus a suspendu son inquiétante progression. Lundi, 140 personnes se trouvaient dans ces services de soin intensif dans le département, soit une de moins que la semaine précédente, et 880 dans le Grand Est (57 de moins en une semaine).

« Les patients ne rentrent pas chez eux directement »

En revanche, le nombre total de personnes dépistées positives et hospitalisées continue de progresser : elles étaient 4.928, lundi dans le Grand-Est (+127 sur une semaine), dont 1.023 dans le Haut-Rhin (+17). Dans le Bas-Rhin, 1.106 (+28 sur une semaine) personnes étaient hospitalisées lundi, dont 256 (-9 sur une semaine) en réanimation.

Ce nombre d’hospitalisations comprend les malades qui sont sortis de réanimation, car « ils ne rentrent pas chez eux directement », décrit le Dr Cerfon. « Ils vont dans d’autres services de médecine, pour certains de pneumologie pour faire de la kinésithérapie respiratoire, où ils vont récupérer de ces semaines très éprouvantes. Mais ce sont des malades qui reparlent, qui peuvent prendre leur repas, et ça fait plaisir à voir. »

Autre bonne nouvelle, le médecin qui avait été placé en réanimation à Colmar est sorti de ventilation artificielle et son état s’est amélioré. Dans le Haut-Rhin, quatre médecins généralistes sont décédés du coronavirus depuis le début de l’épidémie qui a fait 508 morts dans le département.

De nouvelles contaminations à craindre

Il ne faut pas crier victoire trop tôt. « On commence à sentir l’orage qui s’éloigne, mais on ne s’est pas débarrassé du virus et il ne faut pas désarmer, avertit le Dr Cerfon. Même si les admissions sont de moins en moins nombreuses, il y en a encore. A l’extérieur, combien de personnes ont été contaminées réellement ? Combien de personnes continuent à être de potentiels contaminants ? Plus qu’une deuxième vague, on risque d’avoir des plus petits pics avec des groupes de personnes qui se contaminent encore… Ce qui est inquiétant, c’est qu’on ne sait pas très bien comment on va se débarrasser de virus. » En effet, si le prolongement du confinement gèle la situation, il n’existe pas de vaccin et les traitements doivent encore prouver leur efficacité.

Rester mobilisé suppose d’avoir des effectifs en nombre suffisant pour assurer ce service exceptionnel. Après un appel aux médecins, c’est un appel aux aides-soignants, aux agents de service hospitaliers et aux manipulateurs radio qu’a lancé ce mardi le groupement hospitalier de Mulhouse.

Dimanche, un avion de l’armée de l’air avait ainsi transporté 12 soignants, au départ de l’aéroport de Nice, « pour renforcer l’hôpital ».