« Agribashing » : Deux associations déposent un recours contre la cellule Déméter, lancée par l’Intérieur

AGRICULTURE Lancée à l’automne 2019, cette cellule a été mise en place pour « identifier et poursuivre » les auteurs d’intrusions ou d’agressions chez des agriculteurs

20 Minutes avec AFP

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Un agriculteur en plein travail.
Un agriculteur en plein travail. — DOUCELIN / SIPA/SIPA

Deux associations ont déposé un recours contre Déméter, la cellule anti-agribashing mise en place par la gendarmerie nationale. Pollinis et Générations futures estiment que ce « dispositif de surveillance » fait « pression » sur les associations dénonçant l’agriculture industrielle. Le recours a été déposé ce vendredi devant le tribunal administratif de Paris.

Déméter, « cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole » mise en place mi-décembre, constitue « une pression » sur les associations dénonçant les méthodes de l’agriculture industrielle, fait valoir François Veillerette, de Générations futures.

Des contours « dangereusement flous »

Selon le ministère de l’Intérieur, cette cellule permet « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », « de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ». Elle permet aussi « de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées ».

Pollinis et Générations futures y voient « un dispositif de surveillance dont les contours sont dangereusement flous », selon un communiqué. La cellule Déméter viserait des « "actions de nature idéologique", y compris "de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole" qui relèvent de la liberté de penser et d’expression », dénoncent les associations.

Juridiquement, pour qu’il y ait dénigrement, « il faut être dans une position de concurrence », explique François Veillerette. Appliquée à l’activité d’associations environnementales, cette notion lui paraît « fantaisiste ».

Dans ce recours, l’ancienne ministre de l'Environnement et avocate Corinne Lepage, qui défend les associations, dénonce « l’atteinte à la liberté de communication et au secret de l’instruction et des enquêtes » et « la rupture d’égalité entre les syndicats agricoles représentatifs et la délégation grave des missions de police administrative à des acteurs privés », selon le communiqué.