Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine : Une usine de fabrication de masques en tissu mise sur pied en moins d'une semaine

Covid-19 Une usine, qui sera capable de sortir 30.000 masques en tissu par jour, a pu se monter en moins d’une semaine sur le bassin d’Arcachon, grâce à la coopération de partenaires privés et publics

Mickaël Bosredon

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Le parc des expositions de la Teste, sur le bassin d'Arcachon, a été transformé en quelques jours en usine de fabrication e masques
Le parc des expositions de la Teste, sur le bassin d'Arcachon, a été transformé en quelques jours en usine de fabrication e masques — Tissu Factory
  • Industriel dans l'automobile, Libero Mazzone a noué différents partenariats pour créer en quelques jours une usine de production de masques.
  • La communauté d'agglomération du sud bassin lui a par exemple prêté le parc des expositions de la Teste, et Singer lui a offert 130 machines.
  • Il va ainsi pouvoir fabriquer dès mercredi matin des masques en tissu réutilisables, pour la population du bassin d'Arcachon, et de Bordeaux Métropole.

Il est industriel dans l’automobile, et ne s’y connaissait pas particulièrement dans la confection de masques en tissu. Mais, en s’appuyant sur les élus locaux et en nouant des partenariats avec des professionnels du secteur, il a réussi à faire sortir de terre en moins d'une semaine, une petite usine de production de masques, qui entrera en service mercredi matin.

Libero Mazzone, industriel installé au Teich sur le bassin d’Arcachon, a répondu il y a quelques jours à l’appel à candidature lancé par Bordeaux Métropole pour la confection de 800.000 masques en tissu. « Il a pris contact avec l’agence de développement économique de la Cobas (Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon sud), et comme nous aussi nous avions pris la décision d’acquérir 100.000 masques, on s’est dit qu’il valait mieux passer par lui également » raconte à 20 Minutes Marie-Hélène des Esgaulx, maire de Gujan-Mestras et présidente de la Cobas, qui regroupe quatre communes du sud bassin.

« On a additionné les compétences du privé et du public »

L’industriel s’est ensuite rapproché de la marque Singer pour acheter une trentaine de machines. « Le PDG de Singer a finalement décidé de lui en offrir 130, explique à 20 Minutes le représentant de la marque sur le bassin, Michel Barbosa. Comme je suis également franchisé Mondial Tissu, j’essaie de mon côté de récupérer la matière première pour fabriquer ces fameux masques et ce n’est pas simple, notamment parce qu’on est en rupture de stock d’élastiques dans toute la France. Mais on va y arriver… »

Avec ces 130 machines à exploiter, Libero Mazzone devait finalement s’installer dans un local plus grand que prévu. « C’est là que nous avons décidé avec le maire de La Teste, de lui mettre à disposition le parc des expositions, après l’autorisation de la sous-préfecture, poursuit Marie-Hélène des Esgaulx. Tout est allé très vite. Et ce qui est intéressant dans cette opération, c’est qu’on a additionné les compétences du privé et du public, on n’est pas resté dans les limites des uns et des autres. »

« L’usine est sur un potentiel de deux millions de masques à faire rapidement »

Ainsi, après le lancement de l’opération jeudi dernier, les 130 machines étaient installées au parc des expositions dès samedi. « Aujourd’hui, j’enfile les machines à coudre, et mardi je forme toutes les couturières pour un démarrage de l’activité mercredi » poursuit Michel Barbosa. Des couturières recrutées en urgence par une agence d’intérim du bassin.

Cette usine éphémère devrait rapidement être en mesure de produire 30.000 masques par jour. Les 100.000 commandés par la Cobas devraient être prêts « fin de semaine prochaine » espère sa présidente. En tout, l’usine devra produire près d’un million de masques. « Mais il en faudra d’autres, ce n’est qu’une première partie, car la Coban (Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon nord) en veut 100.000 également… L’usine est sur un potentiel de deux millions de masques à faire rapidement. » Des masques « normés Afnor (Association française de normalisation), et agréés par la DGA (Direction générale de l’armement), assure la maire de Gujan.

« On a compris que l’activité pourrait être pérenne »

Les masques seront ensuite remis aux maires de chaque commune, qui s’occuperont de la distribution auprès des habitants. Un masque en tissu est censé être porté quatre heures, avant d’être lavé (à 60 °C) ou repassé. « Ils doivent supporter 200 lavages » ajoute la présidente de la Cobas. C’est pourquoi elle suppose que l’activité se poursuivra bien au-delà de la période du confinement.

« Là, on est dans une mesure d’urgence, et chacun a apporté ce qu’il savait faire pour que l’opération se monte en à peine une semaine. Mais on a compris que l’activité pourrait être pérenne, car on continuera d’avoir besoin de masques. Je suis notamment convaincue que l’étape d’après, ce sera les masques pour les enfants. Alors, l’activité ne restera pas dans le parc des expos, bien sûr, mais on trouvera des solutions. » Déjà un autre défi à relever.