Coronavirus : Un directeur d’hôpital limogé en Saône-et-Loire

EPIDEMIE Sa hiérarchie ne lui fait plus confiance pour gérer l’épidémie de coronavirus, très présente au centre hospitalier de Montceau-les-Mines

20 Minutes avec AFP

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Dans une unité Covid d'un hôpital parisien (image d'illustration)
Dans une unité Covid d'un hôpital parisien (image d'illustration) — THOMAS COEX / AFP

Le directeur délégué du centre hospitalier de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) a été limogé et la directrice des soins suspendue par leur hiérarchie qui ne leur fait plus confiance pour gérer l’épidémie de coronavirus, très présente dans l’établissement. Le Groupement hospitalier de territoire (GHT) Saône-et-Loire Bresse Morvan a annoncé ces sanctions dans un communiqué consulté dimanche par l’AFP, dont la presse régionale s’était déjà fait l’écho.

« Dans ces temps difficiles, l’intérêt général des patients et des agents de l’hôpital demande, encore plus qu’en temps ordinaire, une infaillible cohésion, un maximum d’échanges, de transparence, de confiance et de liens entre établissements. […] Cette confiance est nécessaire partout et encore davantage dans les équipes de direction. Or ce n’était plus le cas à Montceau-les-Mines depuis quelque temps déjà », justifie le GHT.

« On n’allait pas dans la même direction »

« J’ai souhaité reprendre en direct la gestion de crise dans cet établissement. On n’avait pas forcément les mêmes points de vue, on n’allait pas dans la même direction », a étayé au micro de France 3 Bourgogne sa directrice, Christine Ungerer.

Selon le communiqué, 40 % des patients d’un service des soins de suite et réadaptation (SSR) de l’hôpital, fermé sur décision du GHT vendredi, « sont en suspicion Covid ou confirmés ». Les personnes concernées ont été réparties dans les unités spécialisées du territoire. Le taux est de 24 % parmi les résidents de l'Ehpad rattaché au centre hospitalier, selon la même source, et le nombre d’arrêts maladie est élevé parmi les soignants dont l’équipe a dû être renforcée par des personnels extérieurs pour faire face à la situation.

L’ARS avait été alertée sur la situation notamment par des infirmières libérales. Elles reprochaient à la direction de l’hôpital d’avoir renvoyé chez eux des malades du service de SSR, faute de personnel, sans informer les praticiennes appelées à les prendre en charge à leur domicile, selon une source au sein du conseil interdépartemental de l’ordre des infirmiers Nièvre-Saône-et-Loire.