Coronavirus en Outre-mer : Le maintien du confinement est « indispensable », selon le Conseil scientifique

A LA MAISON Le confinement a été décrété en Outre-mer le 17 mars comme en métropole. Toutefois, ces territoires sont frappés par l’épidémie de coronavirus avec un décalage

Floréal Hernandez

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Contrôle des documents de passagers quittant l'aéroport Roland-Garros de Saint-Denis-de-la Réunion par un policier. (Illustration)
Contrôle des documents de passagers quittant l'aéroport Roland-Garros de Saint-Denis-de-la Réunion par un policier. (Illustration) — AFP

L’épidémie de coronavirus « va s’aggraver dans les semaines qui viennent » en Outre-mer, estime le Conseil scientifique. Jusqu’à présent 1.056 cas avérés de Covid-19 et 18 décès ont été recensés dans ces territoires. En conséquence, le maintien strict du confinement a été jugé « indispensable » jusqu’à la décrue « du passage du pic épidémique ».

Dans un rapport rendu public vendredi, le Conseil scientifique, sollicité par la ministre des Outre-mer Annick Girardin, pour savoir si des doctrines de lutte contre le coronavirus différentes de l’hexagone pouvaient être mises en place en Outre-mer, rappelle que « les territoires d’outre-mer sont frappés par l’épidémie de Covid-19 avec un décalage de plusieurs semaines dans le temps par rapport à la métropole », mais que « le confinement général y a été décrété au même moment, le 17 mars ».

« Des mesures réalistes et adaptées au contexte »

Dans son rapport dont l’AFP a eu copie, le Conseil préconise de « poursuivre le confinement strict dans les territoires d’outre-mer, jusqu’au décours de la vague épidémique, en intensifiant les mesures en faveur des populations précaires, comme l’aide alimentaire » par exemple à Mayotte.

« Mais le stade précoce de l’épidémie et l’insularité de la plupart des territoires d’outre-mer rendent possibles d’autres mesures pour freiner la propagation de l’infection, fondées sur une utilisation plus large des tests de diagnostic, avec un isolement des patients positifs, et des mesures de quarantaine des nouveaux arrivants », ajoute-t-il, en notant « que les mesures, pour être opérationnelles, doivent être réalistes et adaptées aux contextes ».

Le Conseil invite à « renforcer dès à présent les hôpitaux en doublant leur capacité d’accueil en lits de réanimation », à « renforcer en nombre et en formation les équipes hospitalières » et à « renforcer les laboratoires de biologie » pour le diagnostic du Covid-19.

A Mayotte, « un confinement "aménagé" »

Il insiste sur la nécessité de « tester, tester, tester. A ce stade épidémique dans les outre-mer, toute personne suspecte de Covid-19 doit pouvoir bénéficier d’un test », dit le conseil qui invite à « mettre en place dans chaque département/territoire une unité fonctionnelle RT-PCR, dimensionnée à la hauteur du bassin de population ». Il recommande également « dans un usage compassionnel voire dans le cadre de protocoles de recherche pour certains territoires, l’accès aux traitements antiviraux qui auront montré leur efficacité ».

Pour Mayotte qui « en raison du risque important d’explosion épidémique et de paralysie du système de santé, est dans une catégorie à part », il préconise « un confinement "aménagé" avec un couvre-feu nocturne », de mettre en place la gratuité de l’eau dans les bidonvilles, et d'« envisager l’installation d’une structure extrahospitalière médicalisée pour l’isolement des malades non graves du Covid-19 ».