Coronavirus en Bretagne : Pourquoi la région résiste à l’épidémie de Covid-19

EPIDEMIE Le virus était arrivé assez tôt dans le Morbihan mais des mesures de confinement ont rapidement été imposées

Camille Allain

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L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus.
L'une des entrées du CHU Pontchaillou à Rennes. Ici le 13 mars 2020 lors de l'épidémie de coronavirus. — C. Allain / 20 Minutes
  • La Bretagne est l’une des régions françaises les moins touchées par l’épidémie de coronavirus.
  • Les mesures de confinement prises très tôt autour des clusters du Morbihan et de Bruz (Ille-et-Vilaine) ont semblé porter leurs fruits. Le confinement est bien respecté d’après les autorités.
  • La région a également eu la chance d’avoir le temps de s’organiser avant l’arrivée de l’épidémie.

« C’est sans doute exagéré de fermer les écoles pour quelques cas ». La phrase date de début mars lors d’un reportage à Crac’h, dans le Morbihan. La petite commune, comme celles d’Auray ou de Carnac, faisait partie d’un « foyer de circulation active » du virus. L’un des premiers en France après celui de l’Oise. A l’époque, de nombreux habitants semblaient dubitatifs quant aux premières mesures de confinement imposées par la préfecture. Un mois plus tard, on est en droit de penser que ces décisions prises en urgence dans la nuit d’un dimanche de mars ont sans doute sauvé des vies. Car la Bretagne est relativement épargnée par l’épidémie de Covid-19 qui frappe une grande partie de la planète.

Ce vendredi, 470 personnes souffrant du Covid-19 étaient hospitalisées dans la région et un peu plus de 150 décès étaient à déplorer dans les établissements de soins et les Ehpad. Un drame pour toutes les familles touchées mais une goutte d’eau dans la vague de décès causés par le Covid-19 à l’échelle européenne. Si un pic a longtemps été redouté dans la région​, la situation est aujourd’hui à l’apaisement. « Depuis quatre ou cinq jours, nous sommes dans une situation de plateau. Le nombre de prises en charge est stable », témoigne Stéphane Mulliez, directeur de l’agence régionale de santé. Le nombre de personnes en réanimation « est aussi en légère baisse ». Pour autant, les épidémiologistes restent prudents. « Nous ne savons pas si nous allons connaître un regain d’activité », reconnaît le patron de l’ARS.

« Je trouve que les Bretons sont particulièrement responsables »

Si la Bretagne se trouve épargnée, c’est avant tout parce qu’elle a eu le temps de s’organiser. Voyant le Grand-Est puis la région parisienne être touchées, l’Ouest a pu adapter son système de santé. Et profite visiblement des mesures de confinement. « Les restrictions sont globalement respectées. Je trouve que les Bretons sont particulièrement responsables », félicite la préfète de région. Pour étayer son propos, Michèle Kirry assure « qu’aucun élu breton n’a sollicité de couvre-feu ». Et que depuis l’interdiction d’accès aux plages, aucune nouvelle restriction n’a été prise par les préfets des quatre départements bretons. En un mois, 280.000 contrôles ont été menés et 13.000 verbalisations établies, soit un ratio de 4,6 %.

D’après les autorités, les premières mesures rapidement prises dans le cluster du Morbihan et de Bruz (Ille-et-Vilaine) au début de l’épidémie du coronavirus ont semblé ralentir sa propagation sur le territoire breton. « Il y a une culture de la coopération en Bretagne qui nous a permis d’être rapidement efficaces », assure le directeur de l’ARS Stéphane Mulliez. « J’ai l’impression que chacun est à sa place et dans ses responsabilités. La société bretonne tient bon », glisse la préfète Michèle Kirry. Pourvu que ça dure, disait le philosophe breton Jean-Yves Lafesse.