Coronavirus à Lyon : « C’est l’anarchie totale », pestent les riverains de la Guillotière au sujet du non-respect du confinement

SANTE PUBLIQUE Ils déplorent depuis le milieu de semaine et le retour de la chaleur un relâchement dans le respect des mesures de confinement

Caroline Girardon

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Dans le quartier de la Guillotière à Lyon. Illustration.
Dans le quartier de la Guillotière à Lyon. Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Un collectif de riverains du quartier de la Guillotière à Lyon dénonce un « énorme relâchement » concernant le respect des mesures de confinement.
  • Ils en appellent aux autorités.

« Ils n’en ont rien à foutre. C’est l’anarchie totale »… Depuis quelques jours, les langues se délient et la colère monte dans le quartier de la Guillotière à Lyon. En cause : « Ceux qui ne respectent rien » et passent la journée dehors, dans les squares, sur les places publiques en dépit des mesures de confinement, imposées par le gouvernement depuis trois semaines pour lutter contre la propagation du coronavirus sur le territoire.

« Jusqu’à présent, ces mesures étaient plus ou moins respectées mais depuis le milieu de semaine, on constate un énorme relâchement », peste Cécile. « Sur la place Gabriel-Péri, il y avait jeudi une centaine de personnes… Comme d’habitude. Certains, venus pour proposer des substances illicites, attendent carrément toute la journée, sur les quais du tramway. Avant, on trouvait cela pénible mais aujourd’hui, cela prend d’autres proportions. Cela devient dangereux pour le bien de tout le monde. Il y a un enjeu sanitaire qui n’est pas mesuré ».

Un avis partagé par Julie, riveraine de la place en question. « En bonne citoyenne, je sors à peine deux fois par semaine pour faire quelques commissions mais à chaque fois, je suis effarée par ce que je vois », relate la jeune femme. Et de poursuivre : « En bas de chez moi, il y a un petit square. Il est toujours plein. Les bancs sont continuellement occupés par des jeunes, qui discutent toute la journée bières à la main… Sans qu’il n’y ait de contrôles. Ils ne portent pas de masques, ils crachent par terre. Le soir, ils boivent des canettes sur les marches d’escalier à l’entrée des immeubles. On voit les voitures de police passer mais elles ne s’arrêtent pas ».

« Le problème dépasse largement celui de l’intranquillité publique »

Ces derniers jours, la situation a « empiré », observe-t-elle également. « Il y a un monde fou. Et pas que les squatteurs habituels. Avec le soleil, les familles sortent aussi. C’est noir de monde dans les squares ou le long des quais du Rhône », déplore-t-elle.

« Il y a beaucoup de monde aussi à signaler le long du cours Gambetta, rue Paul Bert et grande rue de la Guillotière », abonde le collectif des riverains de La Guillotière en colère qui n’a pas manqué de dénoncer la situation sur les réseaux sociaux et d’interpeller la police et la préfecture par ce biais-là. « On n’a pas de solution pour lutter contre cela. Peut-être faudrait-il envisager de fermer l’arrêt de tram qui dessert le quartier ou barricader l’accès aux places comme cela a été fait pour les berges du Rhône, s’interroge l’un des membres de ce collectif. Là, on atteint des sommets. Le problème dépasse largement celui de l’intranquillité publique ».

Devrait-on croire que les résidents du quartier sont plus indisciplinés qu’ailleurs ? La préfecture du Rhône n’a pas souhaité commenter le sujet mais a toutefois précisé qu’il y avait une présence importante de la police dans le secteur et que des opérations de contrôle d’ampleur étaient régulièrement effectuées.

« Nous avons conscience de ce problème », répond de son côté la mairie de Lyon, assurant avoir installé ce vendredi après-midi un cadenas à l’entrée du square Saint-Michel. « Des opérations de contrôle, effectuées conjointement par la police municipale et nationale sont menées régulièrement dans le secteur. Lundi, 500 personnes ont été contrôlées et 70 verbalisées », ajoute-t-elle, précisant avoir obtenu en début de confinement, la fermeture de 5 épiceries de quartier devant lesquelles le public se rassemblait en masse. Et de conclure : « La vigilance est constante sur cette zone. Nous faisons le maximum avec les moyens dont nous disposons ».