Des agneaux entassés dans les camions, une ONG dénonce leurs conditions de transport

CONDITION ANIMALE Souvent jeunes et non sevrés, ces animaux sont massivement entassés sur de très longues distances

20 Minutes avec agences

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Un agneau dans un pré (illustration).
Un agneau dans un pré (illustration). — Pixabay

Les voies rapides de transport mises en place par Bruxelles pour permettre les échanges de marchandises entre pays de l’Union européenne (UE), malgré les contraintes liées à l’épidémie de Covid-19, sont dénoncées par une ONG de protection des animaux. Elle s’insurge face à « l’horreur subie » par les trois millions d’agneaux transportés en Europe avant Pâques.

Une enquête vidéo réalisée par Animal Welfare Foundation (AWF), diffusée ce mardi, montre les conditions difficiles de transport pour ces agneaux. Souvent très jeunes et non sevrés, ils sont massivement entassés dans des camions sur de très longues distances, allant jusqu’à plus de 2.000 kilomètres.

Assouplissement des contrôles

Du fait de l’épidémie de Covid-19, la Commission européenne a pris des mesures visant à faciliter la circulation des biens et des animaux. Elle « a ainsi assoupli de manière drastique les procédures de contrôle, par simplification des formalités, mise en place de voies rapides pour les transports d’animaux, réduction des contrôles vétérinaires et administratifs » explique AWF.

Elle déplore que ces mesures « ouvrent la voie à de nombreuses dérives en cette période de crise ». Face notamment au « manque de chauffeurs disponibles », la « tentation est grande de surcharger les camions pour compenser les pertes au détriment des animaux », ajoute l’ONG. Celle-ci vise surtout les transferts d’animaux vivants entre la Hongrie, la Roumanie et l’Italie.

Près de 400.000 agneaux exportés chaque année

« La France prend part à ce commerce puisqu’elle est la troisième productrice européenne de viande ovine et exporte chaque année près de 375.000 agneaux, dont 50.000 en Italie. Dans le même temps, elle en importe 241.000, notamment au moment des fêtes de Pâques », ajoute l’ONG.

Pour la France, l’interprofession de la viande Interbev a répondu mardi soir que le pays n’importait pas d’agneaux non sevrés et que la consommation nationale de viande d’agneaux, à Pâques, n’était pas issue d’animaux non sevrés. Par ailleurs, la filière agneaux « avance actuellement sur des outils collectifs pour continuer à améliorer la protection animale en élevage et durant le transport des animaux » affirme Interbev.