Coronavirus : Le potager devient un produit de première nécessité

RÉGLEMENTATIONS La crise sanitaire « tombe en plein boom pour l’activité », déplore le président en Nouvelle-Aquitaine du Syndicat national des producteurs horticoles et pépiniériste (SNPHP)

20 Minutes avec agences

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Légumes
Légumes — Getty Images

Les horticulteurs et les jardineries, frappés de plein fouet par le confinement en pleine saison des plantations, ont gagné « une petite victoire » avec le revirement du gouvernement qui vient d’autoriser la vente de plants potagers, qualifiés produits de première nécessité. Mais la cacophonie des réglementations, qui semblent favoriser les grandes chaînes aux dépens des petits producteurs et créer des inégalités entre départements, sème l’inquiétude et la colère au sein de la filière.

Habituellement, à cette époque de l’année, les 50 % des Français possédant balcon, jardin ou potager se pressent pour choisir légumes, fleurs, arbres et arbustes fruitiers et d’ornement. « La pleine saison de production et de commerce de l’horticulture va du 15 mars à fin mai. Comme tous les magasins sont fermés depuis les mesures de confinement on n’a rien vendu », déplore Emmanuel de Chaumont, dirigeant de Frimont horticulture, basée en Gironde.

Des produits jetés tous les jours

La crise sanitaire « tombe en plein boom pour l’activité », constate aussi le président en Nouvelle Aquitaine du Syndicat national des producteurs horticoles et pépiniéristes (SNPHP), Antoine Daganaud. Celui-ci déplore que « tous les jours des horticulteurs sont obligés de jeter » des produits « à maturité en une quinzaine de jours maximum ».

Au début du confinement, le ministère de l’Agriculture a décrété que seules les enseignes vendant de la nourriture ou des aliments pour animaux, déclarés produits de première nécessité, étaient autorisées à ouvrir, autorisant de facto les jardineries mais excluant les horticulteurs indépendants. Mais ce mercredi, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, a autorisé aussi « la vente des semences et de plants potagers considérés comme un achat de première nécessité ».

Les producteurs sont « vent debout »

La décision est considérée comme une « petite victoire face à une injustice » par Mickaël Mercier, président de Val’Hov, l’interprofession de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage. Mais ceux qui ne vendent pas d’alimentation animale ne savent plus sur quel pied danser, par manque de directives claires sur le type de magasins concernés.

« Les producteurs détaillants sont vent debout, ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas ouvrir alors que leurs produits sont désormais considérés de première nécessité. Ce n’est pas clair du tout », s’agace Mickaël Mercier. Le président du SNPHP, Julien Legrix, conseille à ses adhérents de se tourner vers les préfectures qui « ont pris la liberté d’apporter des cadrages plus clairs qu’au niveau national ».