Coronavirus : La France sur ses gardes malgré décès et hospitalisations en repli

CORONAVIRUS Les hôpitaux ont enregistré dimanche le nombre le plus faible de décès (357) sur une seule journée depuis mardi, mais les autorités appellent à rester prudent

20 Minutes avec AFP

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Les urgences de la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, le 5 avril 2020.
Les urgences de la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, le 5 avril 2020. — UGO AMEZ/SIPA

Le bilan de l’épidémie de Covid-19 dépasse désormais les 8.000 morts en France et, si le rythme des décès et des hospitalisations en réanimation semble ralentir, la vigilance reste de mise sur le respect du confinement, dont la quatrième semaine débute mardi.

Après avoir mis en garde les Français cette semaine contre la tentation de partir en vacances avec le début ce week-end des congés scolaires pour la zone C (Ile-de-France et Occitanie), le gouvernement leur a adressé un satisfecit par la voix du ministre de l’Intérieur. « Les Français ont respecté la règle, ont respecté le confinement », qui en était dimanche à son 20e jour, a relevé Christophe Castaner sur France 2. « Le relâchement, c’est l’allié du Covid ».

Plus de 160.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés. Et près de 1,4 million de contrôles ont été effectués sur les trois derniers jours, a-t-il ajouté. La période de confinement, prolongée déjà une fois, est prévue à ce stade en France pour s’achever le 15 avril. Mais une extension au-delà de cette date semble probable.

Nombre le plus faible de décès sur une seule journée

Une attestation de déplacement numérique doit être disponible à partir de lundi pour justifier les sorties autorisées, offrant une alternative à la version papier en vigueur depuis le début du confinement. La Direction générale de la Santé a appelé la population à « respect(er) les consignes, le confinement strict, la distanciation physique et les gestes barrières, pour nous protéger, protéger nos proches ». Restant particulièrement prudente malgré le dernier bilan quotidien sur 24 heures qui a laissé transparaître une amélioration de la situation.

Les hôpitaux ont en effet enregistré le nombre le plus faible de décès (357) sur une seule journée depuis mardi, portant le total à 8.078 y compris les morts en Ehpad et autres établissements médico-sociaux. Près de 7.000 patients se trouvaient encore en réanimation. Là aussi, les autorités ont constaté un mieux avec un ralentissement des admissions dans ces services.

L’Italie – près de 16.000 morts, record mondial – et l’Espagne ont également constaté une tendance baissière des décès et hospitalisations. « La courbe a commencé sa descente » après une semaine de stabilisation en « plateau », a relevé Silvio Brusaferro, patron de l’Institut supérieur de la Santé italien.

« Trop de monde dans les rues »

Si les Français ont globalement bien respecté les règles du confinement ce week-end, le temps radieux de dimanche a néanmoins poussé quelques audacieux à s’aventurer hors de leurs foyers. Comme à Paris où des joggeurs ont circulé au milieu de familles sur les bords du canal de l’Ourcq ou des enfants jouant par groupes dans des cours d’immeubles. Dans le Morbihan, des vacanciers et résidents secondaires sont venus en famille dans la commune de La Trinité-sur-Mer, selon le quotidien Ouest-France.

« Le déconfinement n’est pas à l’ordre du jour, l’échéance n’est pas fixée », a martelé dimanche Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur. « Je rappelle la règle (…) on sort lorsque c’est strictement nécessaire ». Plus tôt, le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch critiquait la présence de « trop de monde dans les rues, trop de flâneurs, trop de promeneurs » à Paris, croisés par les soignants se rendant à leur travail.

« Je ne comprends même pas qu’on parle du déconfinement, ça continue d’arriver constamment », déplorait Nathalie (prénom modifié), infirmière au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), racontant des services submergés de malades. Une quarantaine de patients atteints du Covid-19 ont été transférés dimanche vers des régions « moins en tension », la Bretagne notamment, via des trains médicalisés. Au total, selon la DGS, plus de 610 patients dans un état critique ont été évacués depuis le 18 mars, du Grand Est et d’Ile-de-France.