Coronavirus à Calais : Les autorités débutent le confinement des migrants

ÉPIDÉMIE Il est notamment question d’éviter la propagation du virus au sein de la population d’exilés

Mikaël Libert

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Des migrants à Calais (illustration).
Des migrants à Calais (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Deux migrants de Calais ont d’ores et déjà été testés positifs au Covid-19.
  • Les autorités ont commencé une grande opération de mise à l’abri de cette population.
  • Dans six centres, les exilés seront soumis aux mêmes règles de confinement que le reste de la population française.

Confiner les exilés. A partir de ce vendredi, la préfecture du Pas-de-Calais a mis en place une « importante opération de mise à l’abri » des migrants présents à Calais. Dans le contexte de la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus, les services de l’Etat vont tenter d’appliquer la logique de confinement à ces exilés, présents sur le territoire en attendant de pouvoir rejoindre la Grande-Bretagne.

En début de semaine, les autorités avaient confirmé le dépistage positif au Covid-19 de deux personnes parmi la population de migrants à Calais. Ces derniers avaient été placés à l’isolement et la préfecture avait annoncé une prochaine opération de grande ampleur visant à mettre « à l’abri » la majeure partie des exilés. C’est cela qui a été lancé, ce vendredi.

Six sites retenus pour une capacité de 400 places

Concrètement, six sites ont été réquisitionnés dans la région, dans les communes de Liévin, Nédonchel, Croisilles, Merlimont, Fouquières-les-Béthune et Saint-Venant. Les migrants y seront conduits par bus lors de plusieurs trajets sur une durée de deux semaines, « dans le respect des règles sanitaires », assure la préfecture.

Une fois dans ces centres, les migrants seront soumis aux mêmes « règles de restriction de circulation » que le reste de la population française selon les autorités. Ils pourront donc sortir munis d’une attestation de déplacement dérogatoire, même s’ils « disposent dans ces centres de tout de ce qu’il faut pour qu’ils n’aient pas à le faire », insiste la préfecture.

Dans un premier temps, les départs vers ces centres se feront sur la base du volontariat. Le nombre de places disponibles est aujourd’hui de 400 alors que le chiffre de la population de migrants à Calais varie entre 650, selon la préfecture, et un millier selon les associations. « Les recherches se poursuivent pour compléter la capacité de prise en charge », ajoute la préfecture qui n’exclue pas des « mesures de contrainte » si les volontaires pour se rendre dans les hébergements venaient à manquer.