Coronavirus : Le préfet de police Didier Lallement « regrette » ses propos sur le non-respect du confinement

BOURDE Le préfet de police expliquait ce vendredi matin que les personnes placées en réanimation étaient celles qui n’avaient pas respecté le confinement

20 Minutes avec AFP

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Didier Lallement, le préfet de police de Paris, à Paris, le 18 mars 2020.
Didier Lallement, le préfet de police de Paris, à Paris, le 18 mars 2020. — AFP

Le préfet de police Didier Lallement a renouvelé ses excuses ce vendredi lors d’une conférence de presse après ses propos tenus dans la matinée. Dans une interview diffusée par BFMTV, il faisait le lien entre l’hospitalisation des patients et le non-respect du confinement décrété face au coronavirus.

« Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté, c’est très simple, il y a une corrélation très simple », avait déclaré le préfet de police ce vendredi matin lors d’un point presse sur un contrôle routier pour dissuader les départs en vacances.

Ne pas « rajouter de culpabilité » à la peine

Des propos qui ont provoqué un début de polémique, contraignant le préfet de police à s’excuser par deux fois, dans un communiqué et en direct lors d’une courte allocution. « Au-delà de l’inexactitude c’est une erreur et je la regrette à plusieurs titres. D’abord parce que je sais avoir heurté de nombreuses personnes qui ont des proches en réanimation ou qui ont perdu récemment l’un des leurs. Je n’avais pas l’intention de rajouter la culpabilité à leur peine », s’est exprimé Didier Lallement. Le préfet a rappelé le « courage » des « citoyens exposés à cette maladie » : soignants, sapeurs-pompiers, policiers, gendarmes, services publics, caissiers, employés de commerce, routiers, taxis… « Je veux leur dire à tous mon profond respect. (…) Ce qui compte c’est l’unité nationale », a-t-il précisé.

« L’intention n’était pas d’établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation », rajoute la préfecture dans son communiqué. « Il s’agissait de rappeler la nécessité d’une stricte application du confinement dans cette période, pour la protection de la santé de chacun », ajoute-t-elle. « Ce propos du préfet de police est inexact. Ce qui est vrai, c’est que le bon respect du confinement est un enjeu sanitaire majeur », a précisé l’entourage du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner.

Des propos « écœurants », qui « donnent la nausée »

Face à ces déclarations, les réactions se multiplient sur Twitter. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, dénonce des propos « écœurants » et « insultants ». Marine Le Pen a commenté « des propos totalement stupides (…) d’une froideur et d’une méchanceté qui donnent la nausée ».

Sur BFMTV, Frédéric Adnet, directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis, a appelé à la démission du préfet de Paris. En colère, il dénonce des propos « scandaleux » à ce niveau de responsabilité. « On est là pour soigner les gens, pas pour les culpabiliser. »

Depuis le 1er mars, l’épidémie de Covid-19 a tué 4.503 personnes dans les hôpitaux en France, et près de 6.400 personnes ont besoin de soins lourds en réanimation.