Coronavirus dans le Grand Est : L’épidémie s’est étendue à l’ensemble de la région

SANTE Après le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, touchés très durement par le Covid-19, les autres départements de la région Grand Est sont à leur tour confrontés à un afflux important de patients

Charles Montmasson

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Un patient du CHR de Metz, transporté dimanche en Allemagne en hélicoptère militaire.
Un patient du CHR de Metz, transporté dimanche en Allemagne en hélicoptère militaire. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • Jusqu’à ce mercredi, les Ardennes étaient le seul département du Grand Est qui n’avait pas connu de décès à l’hôpital dû au coronavirus.
  • Au total, 1.160 lits de réanimation étaient ouverts mercredi dans le Grand Est, dont 215 lits dans des structures privées, selon l’agence régionale de santé, contre 465 lits habituellement dans la région.

Mercredi, on apprenait le décès d’un patient atteint du coronavirus à l’hôpital Manchester de Charleville-Mézières. Jusque-là, les Ardennes étaient le seul département du Grand Est qui n’avait pas connu de décès à l’hôpital dû au virus, quand le Haut-Rhin en déplorait 411, à la date du 31 mars, sur 1.126 morts dans la région depuis le début de l’épidémie.

Dès lundi, Marie-Odile Saillard, la directrice du CHR de Metz-Thionville, donnait l’alerte concernant la Moselle. « Ce matin, sur 100 lits de réanimation ouverts, 90 sont occupés alors que dimanche, nous avons fait partir onze patients vers la Nouvelle-Aquitaine », avertissait la directrice du CHR de Metz, citée par Le Républicain Lorrain. Dans le département, 180 personnes se trouvaient mardi en réanimation ou en soin intensif, sur un total de 947 patients.

Des capacités augmentées

En Meurthe-et-Moselle, le CHRU de Nancy avait prévu il y a dix jours de doubler ses capacités de réanimation, passant de 70 à 140 lits, indiquait France Bleu. Par ailleurs, 15 lits ont été réservés à des malades « dont l’état de santé ne permet pas encore un retour à domicile », une unité post-Covid destinée à augmenter les capacités d’accueil de l’hôpital.

Dans la Marne, le CHU de Reims prenait en charge mardi 86 patients atteints par le virus, dont 41 en réanimation. Ici aussi, la capacité de réanimation a été augmentée : elle est passée de 13 lits, au début de l’épidémie, à 49.

Les transferts restent indispensables

Au total, 1.160 lits de réanimation étaient ouverts mercredi dans le Grand Est, dont 215 lits dans des structures privées, selon l’agence régionale de santé, contre 465 lits habituellement dans la région. Malgré cette exceptionnelle mobilisation, les transferts de patients en France ou à l’étranger restent indispensables pour éviter la saturation.

En effet, si 918 personnes étaient prises en charge en réanimation dans la région mercredi, 115 patients avaient été accueillis à l’étranger et plus d’une centaine d’autres dans l’ouest et le sud de la France, à la date du 31 mars.