Coronavirus : Des soignants de Nouvelle-Aquitaine en renfort de l'hôpital de Mulhouse

SOLIDAIRES Dans un car prêté par le club de foot des Girondins de Bordeaux, 17 soignants de Nouvelle-Aquitaine sont partis jeudi vers le Grand-Est.

20 Minutes avec AFP

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Un groupe de 17 soignants de Nouvelle-Aquitaine envoyés en renfort à Mulhouse dans le car des Girondins.
Un groupe de 17 soignants de Nouvelle-Aquitaine envoyés en renfort à Mulhouse dans le car des Girondins. — NICOLAS TUCAT / AFP

Leur mission durera quatre à dix jours, et commence par un trajet insolite : c’est dans l’ultraconfort d’un autocar prêté par le club de foot des Girondins de Bordeaux que 17 soignants de Nouvelle-Aquitaine devaient jeudi rejoindre leurs collègues de Mulhouse, dans le Grand-Est.

On a « des médecins anesthésistes et de réanimation, des médecins de soins palliatifs et le reste des professionnels est représenté par des infirmiers anesthésistes », a détaillé le docteur Patrick Dehail, conseiller médical de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, alors que l’autocar quittait le centre du Haillan, le siège des Girondins.

« Voir, pour se préparer »

« Je n’ai pas peur », assure le Dr Patrick Bodiou, médecin anesthésiste-réanimateur dans un hôpital privé du bassin d’Arcachon. « Cela fait une quinzaine de jours que je suis en activité restreinte dans mon établissement, simplement parce que l’activité standard a été suspendue, dit-il. Je vais profiter de l’expertise des collègues d’Alsace pour me préparer car très clairement nous ne sommes pas préparés à ce genre de fléau… avant que les soucis n’arrivent » en Nouvelle-Aquitaine, une région jusqu’ici relativement épargnée.

Le Dr Gaëlle Lenclud, médecin responsable d’une unité de soins palliatifs à l’hôpital de Pau, pense pouvoir épauler les équipes de l’Est « qui ne sont pas habituées à subir cette vague de décès ». « Dans mon équipe au sein de l’unité de soins palliatifs on a un taux de décès de 80 %, donc on est habitués (…) à ces décès à répétition », dit-elle.

De nouveaux transferts de malades prévus

La Nouvelle-Aquitaine appuie depuis la semaine dernière la région du Grand-Est, l’une des plus touchée par l’épidémie, en envoyant des équipes médicales, ou en recevant dans ses structures hospitalières des malades venus par avion ou trains médicalisés. Vendredi, une première équipe médicale doit d’ailleurs rentrer du Grand-Est et de nouvelles arrivées de malades sont prévues.