Coronavirus : Les infirmières libérales « à poil contre le Covid-19 » dénoncent leur manque de protection

MOBILISATION Plusieurs centaines d’infirmiers et d’infirmières ont décidé de dénoncer le manque de protections contre le coronavirus en se photographiant nus, de façon symbolique

Jérôme Diesnis

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Coronavirus : Les infirmières #àpoilcontrele #Covid-19 — 20 Minutes
  • Le mouvement « A poil contre le Covid-19 » est parti de l'initiative personnelle, samedi, d'une infirmière libérale de Perpignan en colère devant le manque de protections allouée à sa profession.
  • Très vite, plusieurs centaines d’infirmiers libéraux et d’infirmières libérales ont rejoint le groupe et ont accepté de se photographier nu(e) s pour dénoncer leurs conditions de travail.

Ils et elles posent nus pour clamer leur ras-le-bol. « Pour expliquer que l’on est dénudés face au coronavirus quand on va voir nos patients. On n’a pas le matériel. On est en grande difficulté », explique Alexandra Lopez. « On se sent seul et démuni dans cette guerre que l’on doit affronter sans arme ».

Cette infirmière libérale basée à Perpignan, actuellement en arrêt maladie, a lancé un groupe samedi, SOS soignants en danger. D’abord sur l’application WhatsApp, puis devant le nombre de retours très important, rapidement sur Facebook. « J’ai été très surprise par l’énorme ampleur que ça a pris. Je ne m’attendais pas du tout à avoir un tel écho. En quelques jours, environ 300 infirmiers et infirmières de toute la France ont rejoint le groupe. C’est la preuve que nous sommes tous démunis face à cette crise sanitaire ».

« On nous promet des masques, on est très loin du compte »

Toutes et tous ont décidé de poser nu(e) s avec pour seule protection le même message en format A4 : « #apoilcontrele #covid-19 #infirmière ». « On nous autorise à utiliser des masques périmés, sachant qu’on doit changer de masque (en partant du principe qu’ils ne sont pas périmés) toutes les quatre heures. On est censé en avoir chacun 18 en dotation par semaine, ce qui est loin d’être le cas », reprend Alexandra Lopez.

« Je me suis rendue dans une dizaine de pharmacies à Antibes, il y a quinze jours, pour réussir à obtenir 18 masques chirurgicaux par semaine. J’ai réussi à obtenir six autres masques, FFP2 ceux-là, par la mairie d’Antibes. On est très loin du compte », explique Elodie Ferreol, qui a rejoint le mouvement rapidement. C’est son mari, David, photographe professionnel, qui s’est chargé de retoucher les photos envoyées par les infirmières libérales et de créer l’affiche.

L’ARS Occitanie n’a pour le moment pas répondu à nos sollicitations, pas davantage que l’ordre des infirmiers de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault.