Coronavirus : Puis-je aller faire vacciner mon enfant malgré le confinement ?

ECLAIRAGE Pas facile de s’y retrouver dans le flux d’informations qui tombent sur le coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse

Julie Bossart
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Confinement ou pas, faire vacciner son enfant est indispensable, nécessaire primordial...
Confinement ou pas, faire vacciner son enfant est indispensable, nécessaire primordial... — Rafael Ben-Ar i/ Cha/ Newscom

La mise en place du confinement pour endiguer la propagation du Covid-19 a bouleversé les habitudes et le calendrier de nombreux parents. Que ce soit pour la garde de leur enfant, comme pour les rendez-vous santé. De jeunes mamans nous ont en effet adressé les questions suivantes :

« Début du mois de mars, on avait le 3e vaccin de notre fille de 5 mois. Le rendez-vous a été annulé. Est-ce qu’on doit faire la vaccination quand même ou peut-on repousser encore le rendez-vous, car il y a toujours le confinement ? » Mali

« Confinement oblige, puis-je reporter la vaccination de mon bébé ? » Dada

20 Minutes a trouvé les réponses suivantes :

On ne va pas y aller par quatre chemins : oui, il faut faire vacciner son enfant bien que nous soyons en période de confinement. Mercredi 25 mars, le Syndicat national des pédiatres français (SNPF) s’est fendu d’un communiqué de presse en ce sens.

L'appel du Syndicat des pédiatres. « Avec la peur et les contraintes du confinement, les parents ne se présentent plus aux consultations obligatoires de pédiatrie et aux différentes vaccinations obligatoires », s’est alarmée auprès de l’AFP la Dr Mariam-Natacha Haidara, pédiatre exerçant à Paris et à la Croix-Rouge, qui fait partie des médecins ayant signé cet appel. Et d’ajouter qu’il « serait assez ridicule de ne pas prévenir des maladies déjà maîtrisées, au nom d’une maladie qui épargne les bébés ».

De même, « si la couverture vaccinale n’est pas assurée dans sa continuité », cela pourrait conduire « dans les mois à venir, à la recrudescence de maladies bien contrôlées jusqu’ici sur le territoire », comme la rougeole, la coqueluche ou la méningite, a-t-elle prévenu.

Ne pas attendre et chercher un autre spécialiste. Les familles dont le pédiatre habituel a fermé son cabinet du fait de la crise épidémique ne doivent pas en conclure que « le vaccin peut attendre », mais chercher un autre spécialiste. Les visites médicales en vue de la vaccination des tout-petits sont considérées par les autorités de santé comme faisant partie des consultations « urgentes » restant autorisées dans le cadre du confinement. Pour s’y rendre, il faut se munir de l'attestation de déplacement dérogatoire, dûment remplie (cocher la case consultations et soins ne pouvant être assurés ou à distance ou différés). Vous pouvez également demander une autorisation de rendez-vous au secrétariat de votre cabinet médical, certifiant de la nécessité d’une consultation.

Capture d'écran du site Vaccination Info Service, où l'on trouve les recommandations en matière de vaccination des bébés et des enfants.
Capture d'écran du site Vaccination Info Service, où l'on trouve les recommandations en matière de vaccination des bébés et des enfants. - Vaccination Info Service

« Il est indispensable, en raison de la mise en place des sorties précoces de maternités, que les nouveau-nés soient vus par un pédiatre (ou un médecin spécifiquement formé à la prise en charge des nouveau-nés) dans les six à huit jours qui suivent leur sortie de maternité », insiste le SNPF. Les vaccinations des petits nourrissons jusqu’à 16 mois doivent aussi être aussi maintenues (leur liste se trouve, entre autres, sur le site de l’Institut Pasteur). Par ailleurs, les enfants porteurs de maladies chroniques ne doivent pas interrompre leur traitement sans avoir consulté leur pédiatre. Une téléconsultation pourra être proposée chaque fois qu’elle sera possible sans risque pour la santé de l’enfant.

Gestes barrières. Les parents peuvent par ailleurs être rassurés sur le respect des gestes barrières dans les cabinets médicaux, selon la Dr Mariam-Natacha Haidara, d’autant que l’affluence y est bien moindre qu’à l’accoutumée : « Le nombre de consultations a beaucoup diminué, notamment parce que, pour la bobologie, on travaille par téléconsultation. » 

Dans l’absolu, et selon l’article L2132-1 du Code de la santé publique, les enfants sont soumis à 20 examens médicaux obligatoires au cours des seize premières années. Pour davantage de détails, rendez-vous sur le site Vaccination Info Service.

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !