Coronavirus : « Pas de déconfinement général, en une fois, partout et pour tout le monde », selon Edouard Philippe

RESTEZ CHEZ VOUS La stratégie du déconfinement des Français et des Françaises pour éviter la propagation du coronavirus est étudiée par plusieurs équipes. Différentes hypothèses existent, un déconfinement régionalisé ou par classes d’âge, etc.

F.H. avec AFP

— 

Une mère et son enfant, confinés. (Illustration)
Une mère et son enfant, confinés. (Illustration) — Mathieu Pattier/SIPA
  • Le Premier ministre Edouard Philippe a été interrogé, ce mercredi, par une mission d’information à l’Assemblée nationale.
  • Face à elle, il a évoqué le déconfinement des Français et des Françaises. Une question de « redoutablement complexe », car il n’y a « pas de précédent » ni de « méthode éprouvée ».
  • « Il est désormais acquis qu’il ne sera pas possible d’organiser dans des conditions normales le bac 2020 », a complété le chef du gouvernement

Le gouvernement a lancé des études sur le futur déconfinement des Français et des Françaises. Et cela s’annonce complexe, à en croire le Premier ministre, Edouard Philippe, qui s'exprimait face à une mission d’information à l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement espère pouvoir soumettre une ébauche de stratégie « dans les jours, la semaine qui viennent », alors que l'on est dans la troisième semaine de confinement pour éviter la propagation du coronavirus.

Pour établir un plan de déconfinement, le Premier ministre a demandé « à plusieurs équipes de travailler sur cette question en étudiant l’opportunité, la faisabilité d’un déconfinement qui serait régionalisé, qui serait sujet à une politique de tests, en fonction, qui sait, de classes d’âge ». Pour l’heure, le confinement général en France est ordonné jusqu’au 15 avril.

Interrogé par le président de l’Assemblée Richard Ferrand sur les critères qui conduiront au choix du déconfinement, Edouard Philippe a qualifié la question de « redoutablement complexe », rappelant qu’il n’y avait « pas de précédent » ni de « méthode éprouvée ». « Il y a des éléments dont nous ne disposons pas entièrement aujourd’hui », a-t-il observé, évoquant l’absence pour l’heure de « traitements éprouvés » mais aussi les inconnues autour de « notre capacité à tester ».

La décision « prendra en compte avant tout les impératifs de santé ».

« Encore faut-il savoir de quels tests on parle et de notre capacité à produire ces tests et dans de bonnes conditions », a-t-il poursuivi, alors que le gouvernement est dans l’attente de l’arrivée de tests sérologiques, c’est-à-dire par prélèvement sanguin. Ces derniers tests, pratiqués massivement, devraient notamment permettre de mesurer « la proportion de nos concitoyens ayant été au contact avec le virus » et donc le degré d'« immunisation » de la population, a fait valoir le Premier ministre.

« L’indicateur décisif » restera cependant « le nombre de cas sévères », l’exécutif tentant de faire en sorte que ce volume « ne dépasse pas le nombre de places d’accueil en service de réanimation ». « Il est donc probable que nous ne nous acheminons pas vers un déconfinement général et absolu en une fois, partout et pour tout le monde », a souligné Edouard Philippe, en assurant que la décision « prendra en compte avant tout les impératifs de santé ».

« Nous espérons, et là encore je suis prudent, pouvoir avancer sur le sujet et présenter des éléments d’une stratégie de déconfinement dans les jours, la semaine qui viennent, de façon à donner une perspective à nos concitoyens », a-t-il précisé.

La reprise des cours le 4 mai, une simple « hypothèse »

La question de la rentrée dans les écoles, collèges et lycées est « liée à la question générale du déconfinement », a ajouté Edouard Philippe, en réponse à une question de Bruno Studer (LREM). La date du 4 mai avancée par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer n’est qu’une « hypothèse », a-t-il relevé. Et « il est désormais acquis qu’il ne sera pas possible d’organiser dans des conditions normales le bac 2020 », a complété le chef du gouvernement en indiquant qu’il aurait l’occasion de s’exprimer prochainement sur le sujet. D’après lui, Michel Blanquer « est en train de consulter et instruire les solutions ».

Selon une source proche du dossier, le ministre de l’Education pourrait annoncer plusieurs scénarios en fonction de la date de reprise des cours, que nul ne connaît encore puisqu’elle dépend de l’évolution de l’épidémie. Il doit s’exprimer avant la fin de la semaine, probablement vendredi.